Christine Renon : la lettre écrite par la directrice d'école avant son suicide

Christine Renon : la lettre écrite par la directrice d'école avant son suicide Le suicide de Christine Renon, retrouvée dans l'école maternelle Méhul à Pantin, en Seine-Saint-Denis, a créé une onde de choc en France. Elle avait écrit une lettre à sa hiérarchie peu avant sa mort, se décrivant "épouvantablement fatiguée".

[Mis à jour le 3 octobre 2019 à 22h40] "Ce courrier, c'est l'effet boomerang après le suicide. Ça nous a plombés. Sa situation fait écho à celle de beaucoup de personnels dans le département", témoignait fin septembre au Parisien une collègue de Christine Renon, qui s'est donnée la mort le 21 septembre sur son lieu de travail, dans l'école maternelle Méhul à Pantin, dans le département de Seine-Saint-Denis. L'enseignante, qui assurait la charge de directrice de l'établissement, avait laissé à sa direction une lettre décrivant son mal être et des conditions de travail très difficiles.

Dès la première phrase de la lettre, Christine Renon décrit son état : "Aujourd'hui, samedi, je me suis réveillée épouvantablement fatiguée, épuisée après seulement trois semaines de rentrée." Elle mentionne ensuite les soucis, "sort de tous les directeurs malheureusement", qui se seraient accumulés depuis "bien avant la rentrée". Malgré cela, Christine Renon prend soin de préciser qu'elle n'aura jamais cessé d'essayer d'améliorer la situation : "Pour ma part, j'ai toujours fait pour le mieux pour les élèves, les enseignants, les parents, j'ai essayé de me rendre disponible au maximum pour chacun, toujours répondu positivement à un service que l'on me demandait". Une motivation qui n'aura malheureusement pas suffi à résoudre les problèmes vécus par la directrice.

"Aucun maillon de prévu"

Elle poursuit, prenant la défense de ses collègues : "Je dois dire que l'accumulation de faits mineurs dont le plus grave de mon point de vue s'est passé à l'extérieur de l'école. […] En rien l'école n'est responsable de cela, mes collègues et moi-même faisons de notre mieux pour la sécurité des enfants". Christine Renon n'hésite pas à dénoncer ce qui pose problème à ses yeux : "Je dois dire aussi que je n'ai pas confiance au soutien et à la protection que devrait nous apporter notre institution, d'ailleurs, il n'y a aucun maillon de prévu". Elle mentionne ensuite "la goutte d'eau qui l'a anéantie", bien qu'elle se dise "déjà très éprouvée" auparavant : "La perspective d'appeler une famille pour leur dire que leur enfant [alors qu'on est sûrs qu'il ne l'a pas fait] est soupçonné d'avoir mis le doigt dans l'anus d'un autre [ils ont 3 ans tous les deux] dans la classe, l'école ou le centre ! IMPOSSIBLE !" Quelques lignes avant la fin de sa lettre, Christine Renon écrit : "Je me demande si je ne ferai pas une petite déprime !!!". Elle remercie ensuite les parents, ses collègues, les enfants et animateurs, avant de conclure : "Je remercie l'institution de ne pas salir mon nom". Et signe "directrice épuisée".

"Il faut que l'on prenne tous nos responsabilités", estime Blanquer

Invité de RTL ce jeudi 3 octobre, le ministre de l'Éducation nationale a fait savoir qu'il s'est rendu au sein de l'établissement pour "dialoguer avec l'équipe des collègues de la directrice". Jean-Michel Blanquer a annoncé la création d'un comité de suivi pour "améliorer la situation des directeurs d'école", se disant prêt à faire évoluer si besoin, le périmètre de leurs fonctions. "Il faut que l'on prenne tous nos responsabilités. Si l'on considère que la situation des directeurs d'école n'est pas satisfaisante sur le plan de leur statut et de leurs fonctions, on doit en discuter", a-t-il dit. La réaction globale du pouvoir a été vivement critiquée. Le 2 octobre, la journaliste Louise Tourret écrivait sur Slate un article titré "Le suicide de Christine Renon n'a pas eu l'écho qu'il aurait dû avoir". Un recueillement était organisé ce jeudi 3 octobre à la mémoire de Christine Renon devant la DSDEN 93 de Bobigny. 

L'intégralité de la la lettre écrite par Christine Renon

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