Les fortes chaleurs s'installent peu à peu sur le territoire. Dès ce mercredi 17 juin, les températures vont dépasser la barre des 30°C sur la majeure partie de la France. Cet épisode marque le deuxième pic de chaleur de l'année, mais il inquiète particulièrement les prévisionnistes.

L'intensité de cette vague de chaleur s'annonce hors normes. Le modèle de prévision météo ICON anticipe des valeurs extrêmement élevées pour le dimanche 21 juin, jour du solstice d'été. Ce modèle prévoit des températures comprises entre 40°C et 43°C du Sud-Ouest au Centre-Ouest de la France. Les prévisions pointent même jusqu'à 45°C localement dans le département des Landes. Un tel niveau de chaleur est particulièrement rare et dangereux pour un début d'été.

L'inquiétude s'explique par la longévité attendue de cette vague de chaleur. Le modèle météorologique américain GEFS montre que dans les tiers centre et sud du pays, les températures à environ 1500 mètres d'altitude ne redescendront pas en dessous de 20°C avant la fin des échéances de prévision. Cela signifie que la masse d'air chaud va rester bloquée au-dessus de la France pendant une période prolongée, accumulant la chaleur jour après jour, comme l'analyse La Chaîne météo.

© la chaine météo

Cette situation de surchauffe va générer une forte instabilité en fin de blocage. Interrogé par France Info, le prévisionniste François Gourand explique qu'une "zone de conflit de masses d'air va se produire entre l'air océanique plus frais et l'arrivée d'air très chaud sur le pays". Ce choc thermique va déclencher des épisodes orageux particulièrement instables et violents. Par ailleurs, les nuits seront considérées comme "tropicales" notamment dans les villes du sud "dans les vallées et les grandes agglomérations", souligne La Chaine Météo. Le climatologue Serge Zaka parle de "situation critique" : "Le potentiel d'une vague de chaleur historique (encore !) en juin dépassant les records tout mois confondus n'est plus une fiction".

Au-delà des maximales atteintes en journée, le véritable danger de cet épisode réside bien dans l'absence totale de rafraîchissement nocturne. En juin, les nuits sont les plus courtes de l'année, ce qui laisse très peu de temps aux sols pour évacuer la chaleur accumulée. "Je pense objectivement que ce qui se prépare est une catastrophe", analyse ainsi l'analyste de Météo Villages, en commentant les températures qui vont dépasser les 35°C sur une vaste étendue du territoire.

"Même si ces valeurs restent extrêmes, ce n'est pas cela qui me préoccupe le plus. [...] Ce qui serait problématique, c'est à la fois l'humidité présente en basses couches, de laquelle résultent des orages en fin de journée en fin de semaine sur le centre-nord-ouest, et des températures nocturnes. Combinée à cette humidité, la chaleur nocturne pourrait facilement permettre aux températures de ne pas descendre sous les 25°C au plus frais de la journée, plusieurs jours de suite, sur des régions peu acclimatées", explique-t-il.

La combinaison d'une chaleur extrême et d'une forte humidité crée un effet de serre localisé et un air étouffant, ce qui s'avère éprouvant pour l'organisme humain qui ne peut plus réguler sa température par la transpiration.