Jamais il n'avait fait aussi chaud en France. La canicule de juin 2026 a donné lieu à des journées historiquement chaudes les 22 et 23 juin, avec une température moyenne nationale de 29,6 et 29,8°C, voire de 30°C lors du pic de l'épisode de chaleur prévu ce mercredi 24 juin. Même la canicule d'août 2003 n'avait pas atteint de telles valeurs. Mais ces vagues de chaleur risquent de devenir la norme à chaque été, et même à chaque printemps, prévient Météo-France.
Les canicules sont déjà devenues plus courantes ces dernières années, avec au moins une vague de chaleur par an, quand il n'y en a pas plus. Sur les 52 vagues de chaleur survenues en France depuis 1947 - sans compter celles de mai et de juin 206 qui font grimper le nombre à 54 -, il y en a eu autant, et même légèrement plus, sur les 15 dernières années qu'entre 1947 et 2010 fait remarquer l'agence météorologique nationale.
Non seulement ces vagues de chaleur sont devenues annuelles, mais elles arrivent de plus en plus tôt dans la saison comme l'ont prouvé les épisodes de mai et juin 2026, et de plus en plus tard dans le mois d'août, voire après la rentrée comme en septembre 2023 dans de rares cas.
Des phénomènes directement liés au réchauffement climatique et qui risquent de s'aggraver à mesure que la Terre gagne des degrés. L'objectif de l'accord de Paris de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C d'ici à la fin du siècle ne paraît plus tenable selon le consensus de plusieurs scientifiques, car au rythme actuel des choses, la planète gagnerait 2,8°C d'ici à 2100 rapporte Le Monde. Un scénario inquiétant, mais moins pessimiste que celui de Météo-France qui invite les Français à se préparer à une augmentation de 2,7°C en en 2050 et de 4°C en 2100.
Avec plus de 2 degrés en plus, qui pourraient être gagnés en 25 ans selon Météo-France, les vagues de chaleur et canicules seraient inévitablement plus nombreuses : il y aurait plus d'une chance sur deux d'en subir une chaque année (45 %). Elles pourraient aussi survenir "dès le début du mois de juin" et "jusqu'à mi-septembre". Ces épisodes de chaleur plus nombreux et plus étendus auraient enfin de grandes chances d'être plus longs d'après Météo-France. Le nombre de jours passés en vague de chaleur serait multiplié par 5 dans une France avec 2,7°C de plus.
Le scénario est encore pire dans l'hypothèse d'une France plus chaude de 4°C : les chances d'assister à une canicule chaque année seraient de 70%, les vagues de chaleur pourraient se déclarer de la mi-mai jusqu'à la fin du mois de septembre et leur durée en jours serait multipliée par 10. Au total, elles pourraient "durer jusqu'à 2 mois en continu" souligne l'agence météorologique. Face aux conséquences déjà importantes de la canicule de juin 2026, difficile d'imaginer ce que serait la France sous des canicules plus nombreuses et plus fortes.