Une arnaque plutôt lucrative. Depuis des années, l'Anfiteatro Berico situé tout près de Vicence, à Arcugnano, dans le nord-est de l'Italie, était présenté comme un "amphithéâtre romain antique" exceptionnel aux touristes. Sauf qu'en réalité, il s'agissait tout simplement d'un faux, construit avec de la fibre de verre, du papier mâché, du ciment, des blocs de béton enduits et des statues de plâtre datant du début des années 2000.

Si cette histoire peut paraître folle, elle est bien vraie. Franco Malosso, qui se faisait également appeler Franz von Rosenfranz, a lui-même construit ce temple nouvelle génération sur un terrain de 5000 m². Cet italien a bien profité de la supercherie : il vendait aux touristes des billets au tarif de 40 euros pour visiter l'édifice, indique Euronews. De quoi envisager un beau pactole à la fin du mois.

Selon les informations du journal italien Corriere della Sera, l'homme aujourd'hui âgé de 69 ans assurait aux visiteurs qu'il s'agissait de l'un des plus grands amphithéâtres au monde, datant de 393 après Jésus-Christ. Il prétendait également que Jules César avait visité le site lors de son retour d'Egypte avec Cléopâtre, et que Juliette Capulet de "Roméo et Juliette" de Shakespeare avait vécu sur le site, dans l'église, alors qu'il s'agit d'un personnage fictif.

Comble de l'absurde, Franco Malosso est parvenu à convaincre les autorités locales d'inclure son amphithéâtre dans le guide touristique et l'application mobile de Vicence, financés par l'Union européenne (UE). Lui, se présentait comme un philanthrope et chef d'orchestre lors des visites. Ce n'est qu'en 2016 que les soupçons autour de l'escroc ont commencé à se multiplier. 

Des archéologues, appelés par les carabiniers italiens, ont découvert que la structure prétendument antique contenait des matériaux extrêmement récents et non pas millénaires. Des images satellites ont également montré que Franco Malosso avait d'abord nivelé la colline avant d'y construire le prétendu monument antique. Aujourd'hui, le fraudeur doit sûrement regretter son stratagème au vu de la sanction qui lui a été infligée.

Il a été condamné à deux ans et quatre mois de prison pour construction illégale, contrefaçon d'œuvres d'art et création non autorisée d'œuvres. Il a également été condamné à une amende de 3 000 euros. Parallèlement, la municipalité d'Arcugnano a porté plainte contre lui, réclamant 560 000 euros de dommages et intérêts pour le préjudice subi, selon elle, du fait de cette fraude.