Une clôture pour cacher la vue ou pour réduire le bruit, c'est souvent un réflexe évident pour tous ceux qui veulent profiter de leur jardin. Mais parfois, les réglementations semblent particulièrement cocasses sur cette construction et semble défier le bon sens. À Peißenberg, une commune de Haute-Bavière, la rigueur de la réglementation locale commence à faire couler de l'encre de l'autre côté du Rhin. Un habitant de la ville, qui avait fait ériger une imposante clôture de 1,90 mètre de hauteur autour de sa propriété pour abriter son jardin des regards extérieurs, s'est vu sommer par la municipalité de réduire drastiquement la taille de la construction. Et même les autorités semblent embarrassées...

Comme le rapporte Merkur.de, pour la famille concernée, cette clôture répondait au besoin de préserver sa vie privée compte tenu du passage quotidien dans la rue. Toutefois, à Peißenberg, les arrêtés municipaux encadrant l'aménagement des espaces extérieurs limitent la hauteur des clôtures pour préserver l'harmonie du paysage urbain. En bordure de voie, les installations ne doivent pas dépasser un mètre de hauteur. Mais des dérogations sont toutefois souvent possibles.

Ayant construit la structure sans autorisation préalable, le propriétaire a tenté de régulariser sa situation en déposant une demande de dérogation administrative. Mais lors de l'examen du dossier par la commission d'urbanisme, les membres de l'administration ont rejeté la demande.

Si la municipalité s'est montrée si inflexible, c'est en raison d'un précédent survenu quelques mois plus tôt. Des membres de la famille du maire de la commune, Frank Zellner, avaient en effet sollicité une autorisation similaire pour installer une clôture haute sur leur propriété, avant les élections municipales. La commission d'urbanisme leur avait opposé un refus catégorique, au nom du respect strict des règles de zonage.

Dans ce contexte, accorder une dérogation au second riverain devenait juridiquement et politiquement impossible. "Si une exemption avait été accordée à l'époque, nous ne serions pas dans cette situation aujourd'hui ", a expliqué le maire. Désormais, faire une concession expose la commune à des accusations de traitement de faveur ou de gestion à deux vitesses. La commission d'urbanisme n'a eu d'autre choix que de rejeter la demande, au nom du "principe d'égalité de traitement". La structure de 1,90 mètre devra être démontée, ou bien rabaissée pour ne plus dépasser le 1,00 mètre réglementaire.

Une association de citoyens a réagi auprès de Merkur.de : "On est vraiment dans une impasse", a-t-il déclaré, constatant que la commission d'urbanisme était impuissante : "Nous ne pourrons approuver aucune nouvelle clôture dans un avenir proche." Pour le propriétaire contraint d'exécuter les travaux, le constat est amer : cette mise en conformité entraîne des frais importants et met fin à la quiétude de son jardin.