Les canicules à répétition ont impacté la production alimentaire. Fruits mûrs plus tôt, céréales fragilisées, mais aussi troubles chez les animaux, les très fortes chaleurs ont eu de lourdes conséquences. Dans de telles conditions, une inégalité d'adaptation des élevages a été observée. Une certaine surmortalité en a découlé.

Les poules n'ont pas été épargnées. De nombreuses sont mortes prématurément suite à des températures élevées dès le matin, heure de la ponte. Elles étaient stressées par ce climat. Selon le Comité national pour la promotion de l'œuf (CNPO), environ 1,5 % à 2 % du cheptel, soit entre 500 000 et 700 000 poules, sont mortes en France rien que pendant l'épisode de juin. Les endroits les moins préparés à ces fortes chaleurs ont subi les plus grosses pertes, comme notamment en Bretagne ou dans les Pays de la Loire. Ventilateurs, brumisateurs, décalage des horaires de repas... Les éleveurs ont tout tenté pour faire baisser le thermomètre. 

Les poules qui survivent peuvent, par ailleurs, produire moins d'œufs. Ceux restants peuvent aussi avoir changé d'apparence : "Lorsqu'elles ont chaud, elles se nourrissent moins et pondent alors des œufs de plus petit calibre, de 2 grammes en moins environ. Plus la chaleur est intense et prolongée, plus elles réduisent leur production, jusqu'à ne plus pondre du tout. On estime cette chute de performance entre 5 % et 10 %", a expliqué pour Le Monde Maxime Quentin, directeur scientifique de l'Institut technique des filières avicole, cunicole et piscicole. Comme les poules mangeaient moins, le poids des œufs était donc moins important. 

Ce paramètre peut représenter une grande perte pour les éleveurs : sous les 53 grammes, un œuf n'est pas commercialisable en boite. Ils deviennent alors des produits transformés ou sont déclassés et vendus moins cher. Dans les supermarchés, des œufs plus petits, mais qui restent au-dessus de la limite, sont apparus dans les rayons. La Fédération du commerce et de la distribution ou encore Intermarché ont bien relaté l'arrivée d'œufs plus petits en magasin, et cela pourrait encore durer un peu.

  

Une consommatrice a aussi fait ce constat auprès de franceinfo : "J'ai pu remarquer une ou deux fois également que les œufs étaient de plus petite taille". Il ne faut donc pas hésiter à vérifier la taille de ces produits en magasin car les oeufs ont donc changé. Les poules ont besoin de temps avec un climat plus frais pour retrouver leurs habitudes de ponte. Les œufs pourraient donc progressivement retrouver leur taille habituelle, mais un autre problème pourrait s'y substituer : une augmentation du prix. Pour l'heure, il n'y a pas eu d'envolée, mais cela pourrait devenir le cas cet automne car la sécheresse a aussi affecté la production de certaines céréales utilisées pour l'alimentation des volailles.