Certaines personnes vivent isolées, à l'écart du mode de vie moderne. Margaret Gallagher en fait partie et mène un quotidien en autarcie. Depuis toute petite, elle habite une chaumière bicentenaire à quelques kilomètres de Belcoo, dans le comté de Fermanagh, en Irlande. Elle a été achetée par ses grands-parents en 1887. Dans sa famille, l'argent était rare : sa mère est décédée quand elle avait 10 ans et elle a dû ensuite s'occuper de son père handicapé jusqu'à sa mort en 1980. Ce logement est composé de trois pièces et situé sur une colline. La bâtisse, classée monument historique, est faite d'ardoise et de terre crue. L'intérieur est enduit d'un surprenant mélange de bouse de vache, de sang de porc et de chaux vive.
Le train de vie de l'octogénaire sort de l'ordinaire car dans cette maison, il n'y a ni électricité, ni eau courante. Chaque jour, elle doit aller chercher de l'eau au puits qui se trouve de l'autre côté du champ. Pour chauffer sa maison, elle utilise une cheminée. C'est aussi dans celle-ci qu'elle prépare ses repas dans des cocottes en fonte. Sans réfrigérateur, elle achète sa viande au compte-gouttes, le jour même de sa consommation, et conserve son beurre dans des feuilles de chou. Elle range les aliments secs dans une poubelle bleue à roulettes et produit ainsi très peu de déchets. Pour s'occuper de son jardin, elle récupère de l'eau de pluie dans des seaux.
Avec toutes ces tâches, sa journée commence tôt, rythmée par la lumière du jour. Dès 5h30, elle est réveillée pour effectuer les tâches quotidiennes, mais elle va aussi se coucher tôt, souvent peu après 18 heures. Elle dine avant midi et en soirée, elle utilise des lampes à pétrole et des bougies en cire d'abeille pour s'éclairer. Pour se divertir, Margaret écoute la radio et lit. Elle possède tout de même un téléphone portable qu'elle charge grâce à un chargeur solaire. Très investie localement, elle a, par ailleurs, fondé la Société historique de Belcoo et sa région. Elle est aujourd'hui juge de paix à la retraite.
Malgré des jours difficiles, notamment lorsque la météo est ventée et pluvieuse, elle ne souhaite pas s'en aller. Tant que sa santé lui permet, elle a bien l'intention de rester dans sa chaumière. Elle estime que c'est une part d'elle-même, de sa personnalité, comme elle l'a confié auprès de The Irish Times : "Votre mode de vie vous façonne. Ce type de vie me donne ma propre identité", a-t-elle expliqué. Fière de son héritage, elle a déclaré à la BBC que "cette maison porte les traces de mes ancêtres – pour moi, cette maison se trouve sur un lieu sacré".