L'automne météorologique a certes commencé, mais pas l'automne calendaire qui débutera le 23 septembre. Avec la remontée des températures en fin de semaine, c'est plutôt une ambiance estivale qui est d'ailleurs attendue. Pourtant, un "faux automne" est également observé. 

Depuis la fin du printemps, les canicules et vagues de chaleur se sont succédé en France. Les périodes de pluie ont aussi été peu nombreuses. Les sols ont donc souffert de la sécheresse. Pour leur survie, les arbres se sont retrouvés obligés de fermer leurs stomates qui leur permettent de transpirer afin de conserver un maximum d'eau. Ils ne peuvent alors plus refroidir le feuillage, qui va brunir. C'est particulièrement observable en ville : les sols urbains stockent encore moins d'eau et les arbres récemment plantés sont plus vulnérables.

Le paysage prend donc des teintes orangées et des feuilles grillées jalonnent le sol. Cela n'annonce pas du tout un automne précoce, c'est l'effet du stress hydrique. Lors du véritable processus automnal, les feuilles tombent à cause de la diminution de la durée de la journée et de l'évolution saisonnière des températures : les arbres se préparent au froid de l'hiver en rapatriant les nutriments vers leurs racines et leur tronc. Cela commence à la fin septembre. "Ces paysages d'automne avant l'heure constituent ainsi l'un des signes les plus visibles du stress subi par la végétation après cet été 2026 exceptionnellement chaud et sec", précise La Chaine météo.

Cette protection des arbres réduit, en plus, la photosynthèse et les arbres fabriquent donc moins de sucres et de réserves en carbone, pourtant essentiels pour qu'ils puissent passer l'hiver. Ils deviennent plus vulnérables aux parasites. La nature a de plus en plus de mal à s'adapter : la fréquence accrue de ce phénomène est inquiétante. La répétition des épisodes peut finir par épuiser les réserves des arbres. Il faudra voir lors du printemps prochain s'ils parviennent à se régénérer : ils pourraient aussi se retrouver avec moins de feuilles. Le "faux automne" se produit aussi de plus en plus de régions, ne se cantonnant plus au sud de la France.

Les spécialistes de l'Office national des forêts ont identifié ce phénomène dès début juillet après les canicules de mai et juin, titrant sur les réseaux sociaux "Pourquoi est-ce l'automne avant l'heure ?". L'office surveille alors chaque année l'humidité des végétaux sur une centaine de sites en France. La piste d'introduire des espèces mieux adaptées à la chaleur est parfois évoquée pour remplacer celles qui peinent à survivre. Il est toutefois difficile de prévoir comment une espèce va réagir dans un nouvel environnement.