C'est une page d'histoire qui se tourne définitivement dans l'Ontario. Avec le départ récent de Tofino, l'un des derniers belugas résidents, le parc d'attractions Marineland de Niagara Falls a terminé de vider ses bassins emblématiques. Après plus de six décennies de spectacles et de controverses, la célèbre structure canadienne ne compte désormais plus aucun cétacé entre ses murs. Ce transfert coordonné vers des structures d'accueil internationales a été long, il conclut le processus de relocalisation de la faune marine.

L'opération logistique s'est déroulée sous la supervision étroite de vétérinaires et d'experts de la faune sauvage. Le déplacement de Tofino, un beluga particulièrement suivi par les soignants, a nécessité des équipements de transport sur mesure pour garantir sa sécurité durant le trajet. Comme d'autres mammifères marins déplacés ces derniers mois, Tofino a été acheminé vers des espaces mieux adaptés à ses besoins, conçus pour lui offrir un environnement enrichi et conforme aux exigences actuelles, comme le précise La Presse.

Pour les équipes du parc qui ont côtoyé ces animaux au quotidien, le départ du dernier beluga a évidemment suscité une vive émotion. Il met fin à une présence animale qui constituait le cœur même de l'identité du parc depuis sa fondation dans les années 1960.

Comme en France, Marineland au Canada a longtemps fait l'objet de critiques vivaces concernant les conditions de garde de sa faune aquatique, la vétusté de certaines installations et le manque de transparence sur la mortalité des animaux. La disparition successive de plusieurs orques et belugas au cours de la dernière décennie avait intensifié les appels à la fermeture définitive des bassins.

La loi canadienne a accéléré ce dénouement. En 2019, le Parlement canadien a adopté une règlementation interdisant la captivité et l'élevage des baleines et dauphins. Si les structures existantes pouvaient conserver les spécimens déjà présents, l'interdiction absolue d'en acquérir de nouveaux rendait l'exploitation des bassins intenable sur le long terme. Le site de Marineland envisage désormais une reconversion complète de ses activités avec des réaménagements axés uniquement sur le divertissement mécanique et terrestre.

En France, le Marineland d'Antibes vit une mutation identique. Soumis à la loi de 2021 interdisant les spectacles de cétacés d'ici décembre 2026, le parc de la Côte d'Azur prépare le départ de ses derniers pensionnaires. Le sort de ses orques et dauphins fait l'objet d'âpres batailles juridiques, les projets de transferts concernent des aquariums étrangers ou la création de "sanctuaires", mais ils ne sont pas faciles à concrétiser. Tout comme le site canadien, l'établissement français s'apprête toutefois à tourner définitivement la page de la captivité marine.