Il a suffi d'une nuit pour abattre un arbre cinquantenaire et de quelques jours pour enlever toute trace de sa présence de la place sur laquelle il se trouvait. Un changement radical qui n'a pas plu aux habitants du quartier et fait depuis l'objet d'un débat entre les citoyens et la municipalité. Les faits se déroulent à Malaga, au sud de l'Espagne, plus précisément dans le quartier de La Paz près du Parque del Oeste.
L'abattage de l'arbre, un ficus offrant un des rares espaces ombragés dans la ville de Malaga, a suscité la colère des habitants et de certaines institutions de défense de l'environnement comme le Parque del Oeste qui ont fait de l'ancien emplacement de l'arbre un lieu de recueillement. Des rassemblements et des sit-in ont eu lieu sur la place pour protester contre la décision de la municipalité. Des messages ont même été écrits sur le tronc coupé de l'arbre et des pancartes ont été affichées avec comme inscription : "Arbre historique abattu par la mairie de Malaga". Des manifestations qui ont duré plusieurs jours après le retrait du ficus rapporte la presse locale dont Malaga Hoy.
De pronto no somos nada !! tantos años para llegar a ser un ejemplar magnífico, y lo que hace el Ayuntamiento con la naturaleza en unos minutos. @pacodelatorrep @malaga @parquesmlg @fjpomares pic.twitter.com/wuUv5fAOif
— Parque del Oeste Málaga (@ParqueDelOeste_) September 3, 2026
Malgré les protestations, le maire de Malaga, Francisco de la Torre, assure avoir "fait ce qu'il fallait faire". La décision d'abattre le ficus n'a pas été prise pour des raisons esthétiques, mais à cause du risque que l'arbre représentait : l'arbre a été coupé après qu'une de ses branches se soit brisée dans la nuit du 31 août 2026. Il s'agissait du quatrième accident de la sorte en l'espace d'une semaine à Malaga et l'un d'eux a gravement blessé une passante qui a dû être hospitalisée pendant deux semaines. Le ficus de La Paz, comme beaucoup d'autres arbres, ont souffert du climat caniculaire durable de l'été qui l'a rendu fragile.
En conséquences, le maire Francisco de la Torre a déclenché un plan d'intervention d'urgence pour abattre les arbres présentant le plus de risques. Celui de La Paz a été ciblé car, selon le rapport technique municipal, il présentait des "déficiences mécaniques et pathologiques consignée lors d'inspections antérieures". La mairie précise que l'entreprise chargée d'entretenir les espaces verts du quartier de La Paz n'avait pas réalisé les analyses nécessaires requises pour évaluer le risque et classé le ficus parmi les pieds à "faible" risque alors qu'il aurait dû, selon la municipalité, se trouver parmi les arbres à risque "très élevé".
La mairie de Malaga a donc décidé de procéder à l'abattage de l'arbre, écartant d'autres solutions moins radicales comme l'élagage, la réduction de la cime ou encore le haubanage. Elle a également promis de planter un autre arbre dans les plus brefs délais. La promesse ne calme cependant pas la protestation. Les opposants exigent d'ailleurs une transparence dans ce dossier et l'accès aux documents comme l'autorisation d'abattage, les rapports structurels, biomécaniques et sanitaires, les conclusions sur les solutions alternatives envisagées, mais aussi le coût de l'opération, le nom de l'entreprise employée et la destination du bois du ficus. L'opposition a également reproché au maire un abattage d'arbre "agressif et injustifié" soulignant que les arbres sont des "infrastructures climatiques" servant de rempart contre la chaleur.
Des accusations contre lesquelles le maire de Malaga s'est défendu. L'homme, qui dispose d'un doctorat en génie agricole et administre la ville espagnole depuis 2000, a assuré avoir "le plus grand respect" pour les arbres et espaces verts, mais a défendu un "équilibre" entre préservation et sécurité publique.