La carrière de Steven Spielberg est totalement indissociable de celle de John Williams. Le réalisateur et le compositeur ont collaboré sur de nombreux films, dont beaucoup sont devenus des classiques du cinéma : Les dents de la mer, Jurassic Park, La Liste de Schindler ou plus récemment Disclosure Day, dernier film de Spielberg sorti au cinéma en mai 2026.

Les deux maîtres d'Hollywood ont commencé à collaborer ensemble en 1974, avec le film Sugarland Express. Mais il faudra attendre l'année suivante, avec Les Dents de la Mer, pour qu'ils signent tous les deux leur premier chef d'oeuvre. Spielberg réalise un blockbuster innovant et terrifiant qui sera un véritable succès critique et populaire, Williams signe une bande-originale glaçante.

Les deux sont restés dans les "mémoires et il vaut mieux ne pas penser au scénario lorsqu'on se baigne dans la mer et peut être encore moins à la musique qui l'accompagne. Rappelez-vous : il s'agit de seulement quelques notes à la contrebasse au violoncelle et au tuba, dont le rythme, l'intensité et le volume augmentent pour indiquer que le requin se rapproche et s'apprête à attaquer.

Pourtant, Steven Spielberg n'était pas nécessairement convaincu lorsque John Williams lui a présenté le thème musical du film. Le réalisateur a reconnu qu'il trouvait la musique "trop simple" et minimaliste. "Je m'attendais à quelque chose d'extrêmement complexe", se souvient le cinéaste dans une interview avec Laurent Bouzereau dans le livre Spielberg : naissance d'un réalisateur légendaire. "Mais il m'a joué le 'Dun dun, dun dun, dun dun'  en n'utilisant que deux doigts [...]. Je pensais qu'il plaisantait." 

Si Steven Spielberg n'est pas convaincu sur le moment, John Williams insiste suffisamment pour que le réalisateur change d'avis. Sans regret aujourd'hui, puisqu'il reconnait sans mal le génie de son ami : lors d'une interview au 20h30 de France 2, Steven Spielberg estime que le compositeur est "responsable d'au moins la moitié de la réussite de ce film".

"John Williams a trouvé un son très primal, primitif, qui nous touche dans des parties humaines indéfinissables", ajoute Spielberg. Effectivement, cette musique est devenue iconique et a permis au compositeur de remporter le deuxième Oscar de sa carrière, après Un violon sur le toi en 1972. Il sera ensuite récompensé pour la musique de Star Wars, épisode IV : un nouvel espoir (1978), E.T. l'extra-terrestre (1983) et La liste de Schindler (1994).