C'est une escroquerie rapportée par CNN qui a couté leur logement à plusieurs victimes. Les malfaiteurs ciblaient essentiellement les personnes âgées, vulnérables et vivant seules pour abuser de leur confiance en leur vendant des produits de toutes sortes, puis en les contraignant à vendre leur maison. Après la sélection des victimes, bien souvent des retraités, l'escroquerie s'organisait en plusieurs étapes du démarchage à domicile jusqu'à la cession du logement.

Le premier contact entre les arnaqueurs et les escroqués se faisait par des faux commerciaux vendant des produits électroménagers pour la maison, comme des robots de cuisine et des aspirateurs, des matelas ou de systèmes de sécurité. Ils passaient uniquement aux horaires pendant lesquels ils étaient certains que leurs victimes étaient seules, notamment aux heures de travail des proches, pour les convaincre d'acheter leurs produis. Ces derniers étaient souvent vendus bien plus cher que le prix du marché. Une personne a ainsi acheté un interphone vidéo d'une valeur de 140 euros à 4 800 euros. La subtilité est que les victimes achetaient les produits à crédit et signaient des contrats de prêt au moment de la transaction.

A chaque achat, les escroqués se créaient des dettes et s'engouffraient dans une "spirale de crédits impossible à rembourser", explique l'enquêteur qui a mené les investigations dans cette affaire. C'est à ce moment là que les arnaqueurs passaient à l'étape suivante. Les victimes n'étaient alors plus contactées par des commerciaux, mais par de prétendus cabinets de conseils juridiques et financiers qui leur proposaient des solutions pour rembourser leurs dettes : la signature d'un contrat de financement. Alors que les personnes abusées pensaient être aidées, elles ne faisaient que contracter de nouvelles dettes plus importantes.

La dernière étape de l'arnaque intervenait lorsque le défaut de paiement était trop important pour les victimes. Les escrocs, se faisant toujours passer pour des cabinets de conseils, leur proposaient alors la vente en nue-propriété de leur logement. Ce statut permet à quelqu'un de vendre les murs de son logement, à un prix réduit par rapport à la vente totale d'un bien immobilier, tout en gardant le droit de vivre dedans. Les victimes n'étaient donc plus propriétaires, mais continuaient à vivre chez elles et à payer les taxes foncières, tandis que les escrocs acquéraient le bien à moindre coût et pouvaient récupérer le bien dès le décès de la victime sans frais supplémentaires. C'est pourquoi ils choisissaient des personnes âgées.

L'arnaque a été montée en Espagne, dans la province de Madrid, et a permis aux escrocs d'acquérir 54 logements et d'en vendre trois après les décès des usufruitiers en l'espace d'un an et demi, rapporte l'agence de presse EFE. Le montant de l'escroquerie s'élève à quatre millions d'euros. L'unité de lutte contre la criminalité économique et fiscale de la police madrilène a réussi à démanteler le réseau d'escrocs avec l'interpellation de 32 personnes. A la tête de l'arnaque, un homme ayant obtenu 18 logements en Espagne grâce à son montage frauduleux ou à d'autres arnaques. Les 31 autres personnes, de nationalité espagnole ou étrangère, présentent des profils variés mais sont d'âge mûr pour la plupart.