Plus on vieillit, plus la capacité à maintenir son équilibre, sa posture et avoir une véritable assurance sur chaque mouvement, est important. Bien plus important d'ailleurs que de savoir si vous avez fait 15 kilomètres dans la semaine ou fait plusieurs longueurs dans la piscine. Car la pratique sportive à cet âge ne se limite pas à mieux marcher, mais bien à garder le contrôle de son corps dans des situations variées. C'est pour cela qu'au delà de la marche et de la natation, une pratique se développe de plus en plus.

On parle du tai-chi, une discipline traditionnelle chinoise qui est fondée sur des mouvements lents et fluides. Pas de changement brusque ni de rythme effréné dans ces séances : on doit "simplement" transférer lentement son poids d'une jambe à l'autre, faire pivoter le buste et bouger les bras. Tout cela en essayant de bien contrôler sa respiration et sa posture.

Evidemment, supprimer la marche pour faire seulement du tai-chi serait une erreur : marcher garde une place prépondérante pour la mobilité générale. Mais le tai-chi offre une coordination entre le haut et le bas du corps que la marche ne travaille pas ou que très peu, un transfert de poids contrôlé et un ajustement constant de la posture, amenant le pratiquant à mieux percevoir son centre de gravité.

Le maintien d'une posture droite et le contrôle du tronc, connus sous le nom de "système de stabilisation profond", sont aussi renforcés. L'ordre des mouvements, fondamental pour le tai-chi, maintient la colonne vertébrale et le tronc pendant le mouvement : corps et cerveau coordonnent la position des pieds, le transfert de poids, le travail des bras, la posture, et souvent le rythme de la respiration.

Alors que les chutes peuvent devenir un problème quand on commence à vieillir, avec parfois de graves blessures, le tai-chi le peut ainsi être un bon outil de prévention. Une revue systématique d'universitaires chinois, basée sur une méta-analyse publiée en 2023 et toujours disponible sur la plateforme PubMed Central, a d'ores et déjà démontré que la discipline pouvait peut réduire efficacement le risque de chute chez les personnes âgées.

Il existe de nombreuses positions pour pratiquer le tai-chi. L'un des mouvements les plus emblématiques se nomme "Séparer la crinière du cheval sauvage". Pour y parvenir, on transfère le poids sur une jambe, tandis que l'autre s'avance en un pas diagonal. Les bras s'écartent en un mouvement ample et circulaire : l'un monte en diagonale vers l'avant-haut, l'autre descend vers l'arrière-bas, comme si l'on séparait quelque chose entre les deux mains. Le mouvement sollicite fortement le transfert de poids et la rotation du tronc. Et bonne nouvelle, pas besoin de faire cela avec une forte intensité, la tranquillité étant l'un des atouts du tai-chi.