C'est une scène à laquelle de nombreuses personnes ont déjà assisté : des oiseaux se déposant sur les fils électriques haute tension. Pour un humain, toucher ces lignes serait fatal. Les oiseaux n'ont pourtant pas de super-pouvoirs qui leur permettent de résister à l'électricité.
L'explication est à chercher du côté de la physique : lorsqu'un oiseau se pose sur un câble électrique, ses deux pattes se trouvent à des potentiels électriques presque similaires. Il n'y a donc quasiment aucune différence de tension entre ces deux points de contact, par conséquent, aucun courant ne traverse le corps. Pour qu'un courant dangereux circule à travers un animal, il faut une différence de potentiels importante. La situation devient donc dangereuse lorsqu'un oiseau touche simultanément deux conducteurs à des potentiels différents, ou un conducteur sous tension et un élément relié à la terre. Son corps peut alors fermer le circuit électrique et être traversé par un courant potentiellement mortel. Une étude publiée dans Plos One détaille ce phénomène, en soulignant que le risque dépend de l'espacement entre les fils et entre les éléments sous tension et la terre.
Les grands oiseaux sont ainsi moins à l'abri. En déployant leurs ailes, ils peuvent facilement toucher plusieurs éléments de l'installation électrique. La taille n'est pas le seul facteur : le comportement de l'espèce, son utilisation des pylônes comme perchoirs et la configuration de l'installation jouent également un rôle. Le programme européen SafeLines4Birds, auquel participent notamment la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), RTE et Enedis, cible ainsi 13 espèces particulièrement concernées, parmi lesquelles la cigogne blanche, l'aigle de Bonelli, le gypaète barbu, plusieurs vautours ou encore la grue.
Avec plus de 800 000 km de lignes électriques aériennes en France, le risque reste important. La LPO indique que les électrocutions concernent surtout les réseaux moyenne et basse tension. Les lignes haute et très haute tension présentent en revanche un autre danger important : la collision en plein vol avec les câbles. C'est pourquoi elle travaille avec RTE et Enedis afin d'identifier les installations les plus dangereuses et de les sécuriser. Parmi les solutions figurent notamment l'isolation de certains éléments électriques et l'installation de dispositifs permettant de rendre les câbles plus visibles pour les oiseaux.