Où se situe le point le plus profond connu sur Terre ? Il faut aller dans l'océan Pacifique, et plus précisément à l'est des Philippines et au sud du Japon. La fosse des Mariannes est la fosse océanique la plus profonde connue à ce jour. Le point le plus bas de celle-ci est appelé Challenger Deep. Les scientifiques s'intéressent donc de près à cet endroit et surtout à sa profondeur exacte. Celle-ci a été mesurée à de nombreuses reprises : un relevé japonais réalisé en 1984 avait notamment abouti à une profondeur de 10 920 mètres, tandis que des mesures plus récentes ont donné des résultats légèrement différents.

Une nouvelle étude publiée dans Scientific Data vient apporter une nouvelle estimation. Les chercheurs ont cartographié le Challenger Deep à l'aide d'un sonar multifaisceaux embarqué à bord du navire de recherche japonais Hakuho-maru. Pour calculer la profondeur, le sonar mesure le temps mis par une onde sonore pour atteindre le fond puis revenir. Mais il faut également connaître précisément la vitesse du son dans l'eau, qui varie notamment selon la température, la salinité et la pression. Les chercheurs ont donc testé cinq modèles différents de vitesse du son.

Selon les modèles, la profondeur maximale dans le bassin oriental variait de 10 914 à 10 932 mètres, soit une différence de 18 mètres. Avec le modèle privilégié par les chercheurs, le résultat est de 10 927 mètres. À près de 11 kilomètres sous la surface, il reste difficile d'obtenir une mesure exacte à quelques mètres près. 

"Nous présentons la valeur de 10 927 m comme la solution privilégiée pour cet ensemble de données, et non comme une nouvelle détermination définitive du point le plus profond de la Terre. Cet ensemble de données permet une comparaison de la bathymétrie de la fosse des Mariannes et l'évaluation de l'influence de la structure de la vitesse du son, de la configuration du levé et des choix de traitement sur la cartographie multifaisceaux à l'échelle océanique", concluent les auteurs. Pour confirmer plus précisément cette estimation, les auteurs soulignent l'intérêt de la comparer à des observations indépendantes. Cela constituera l'objet de la suite des recherches.