Les tempêtes solaires sont des phénomènes naturels impossibles à empêcher. Elles se produisent lorsque les champs magnétiques à la surface du Soleil se tordent et s'entremêlent. Lorsque la tension devient trop importante, ils peuvent brutalement se réorganiser et libérer une grande quantité d'énergie. Le Soleil projette alors des radiations et des nuages de particules peuvent se former. Si ces derniers se dirigent vers la Terre, il y a un risque de tempête géomagnétique en arrivant sur la planète bleue. 

La plus célèbre et l'une des plus puissantes jamais documentées s'est produite en 1859. Cet épisode, baptisé "événement de Carrington", aurait provoqué de spectaculaires aurores boréales et australes, jusque dans des régions habituellement beaucoup trop éloignées des pôles pour en observer. Il avait également fortement perturbé les réseaux télégraphiques de l'époque. Certains appareils avaient même continué à fonctionner après avoir été débranchés de leur alimentation, à cause des courants électriques provoqués par la tempête.

Aujourd'hui, si un événement comparable à celui de 1859 se produisait, les conséquences seraient bien différentes. Beaucoup plus de technologies sont désormais sensibles à l'activité solaire : satellites, GPS, réseaux électriques, communications radio... Les satellites seraient les premiers équipements concernés : ils pourraient connaitre des dysfonctionnements. Le GPS risquerait pour sa part de devenir beaucoup moins précis car ses signaux traversent une partie de l'atmosphère qui peut être fortement perturbée par la tempête.

Sur Terre, le risque concerne le réseau électrique : des coupures sont possibles ainsi que l'endommagement de certains équipements. Au Québec, en mars 1989, une tempête solaire a provoqué une panne massive : des millions de personnes se sont retrouvées sans courant pendant environ neuf heures. Les conséquences peuvent aussi toucher les transports. Lors des importantes tempêtes solaires d'octobre 2003, certains vols empruntant des routes proches des pôles ont dû être détournés ou annulés en raison des perturbations des communications et des systèmes de navigation. 

Le Soleil est cependant bien mieux surveillé aujourd'hui, et ce en permanence. De plus, si une importante éjection de matière est détectée et se dirige vers la Terre, son trajet peut durer de plusieurs dizaines d'heures à quelques jours. Les scientifiques disposent donc généralement d'un délai pour donner l'alerte. Dans ce cas, des mesures peuvent être prises, notamment en modifiant le fonctionnement de certains équipements.

Concernant la date de la prochaine tempête solaire, elle est très difficile à estimer. Une étude publiée en octobre 2025 dans la revue Space Weather a avancé que selon la méthode statistique utilisée, les chercheurs arrivent à une probabilité d'un événement comparable à Carrington dans les dix prochaines années allant de 0,03% à 4,76%. Une différence considérable qui montre à quel point ces phénomènes extrêmes restent difficiles à prévoir.