Un épisode méditerranéen intense a touché la France mercredi 30 septembre. Plus de 300 mm de précipitations sont tombés localement, soit l'équivalent de plus de deux mois de pluie. Les Cévennes, le Gard et l'Hérault ont été les zones les plus touchées. Spectaculaire, le phénomène n'est pourtant pas inhabituel à cette période de l'année.

"C'est un épisode assez classique pour l'automne", a commenté auprès de Linternaute.com Joris Royet, chef de projet météo chez Météorage, filiale de Météo-France. "L'intensité des pluies est vraiment remarquable, mais on a déjà connu ça dans le passé. On est sur un phénomène extrême, mais on n'est encore pas sur un phénomène record pour autant", a-t-il précisé.

Pour qu'un tel épisode se produise, plusieurs ingrédients doivent être réunis. Un flux de sud apporte de l'air chaud et humide depuis la Méditerranée. En arrivant sur les Cévennes, cette masse d'air est forcée de s'élever et engendre de fortes précipitations. Des orages stationnaires vont aussi s'abattre, entrainant des cumuls considérables dans une même zone. La température de la Méditerranée peut renforcer ces phénomènes : "Plus elle a chauffé, plus on a de l'énergie, plus les pluies vont être intenses", explique l'expert. Une mer chaude fournit davantage d'humidité et de chaleur à l'atmosphère, c'est un "carburant supplémentaire".

Ces épisodes peuvent débuter dès la fin août et s'étendre jusqu'en décembre, avec une période particulièrement propice entre septembre et novembre. Il est toutefois impossible de dire dès maintenant si de nouveaux épisodes intenses se dessineront dans les prochains mois. "Au-delà de sept jours, on ne sait pas comment vont se placer exactement les systèmes dépressionnaires et anticycloniques", rappelle l'expert. "Peut-être que c'est le premier et le dernier de la saison, peut-être que c'est le premier d'une longue série".

Dans ces prévisions saisonnières, La Chaine météo donne tout de même quelques indications. Pour le mois d'octobre, les précipitations devraient être "proches des normales à l'échelle nationale, mais avec une faible fiabilité et un risque d'épisodes méditerranéens" alors que pour novembre, elles seraient "autour de +20% à l'échelle nationale, surtout à l'ouest, avec un risque d'inondations à surveiller".

Le changement climatique ne signifie pas nécessairement que ces épisodes vont devenir plus fréquents. En revanche, leur intensité pourrait augmenter. "C'est vrai que la forte chaleur amenée justement par les eaux, la Méditerranée et par le réchauffement climatique, vont potentiellement intensifier les épisodes cévenols qui vont survenir", confirme Joris Royet, qui estime que "l'intensité de l'épisode peut en effet évoluer malheureusement dans le mauvais sens, plus que sur la fréquence des phénomènes eux-mêmes"

Avec des sols très secs, les conséquences peuvent également être aggravées. Ces derniers peinent à absorber de grandes quantités d'eau rapidement. Ruissellements, crues soudaines et débordements des cours d'eau peuvent alors se produire brutalement.