Les conditions de vie de certaines personnes peuvent surprendre. Entre difficultés financières et attachement à un héritage familial, certaines habitations peuvent se retrouver dans un état de délabrement avancé. C'est le cas d'Ilija Grahovac, plus connu sous le pseudonyme de "Zmaj od Šipova" ("le Dragon de Šipovo"), une personnalité médiatique de Bosnie-Herzégovine qui s'est fait connaître en participant à plusieurs émissions de téléréalité serbes. Eleveur bovins, il a longtemps été présenté comme un agriculteur prospère, mais rencontrerait des difficultés financières depuis plusieurs années. Il vit aujourd'hui sur la propriété familiale de Čifluk, un village situé près de Šipovo. Son vaste terrain semble totalement laissé à l'abandon et la petite maison dans laquelle il réside est une ancienne construction en terre, particulièrement délabrée.
Le 1er novembre 2026, le média serbe Telegraf a publié un reportage accompagné de photographies montrant l'état de la propriété. Selon une voisine interrogée, il ne possède pas de toilettes et pour se laver, il ne dispose que d'une simple baignoire située en extérieur, alimentée en eau par un tuyau. Jusqu'à récemment, il n'avait plus accès à l'électricité, faute d'avoir payé ses factures. L'ensemble du domaine se dégrade : de vieilles voitures hors d'usage rouillent sur place, tandis que deux hangars en bois menacent de s'effondrer. Les conditions de vie y seraient particulièrement difficiles. Un autre voisin interviewé affirme qu'il n'existe même pas d'espace adapté pour cuisiner et que l'éleveur se nourrit régulièrement de plats achetés à l'extérieur.
Malgré ces conditions de vie, Ilija Grahovac semble particulièrement attaché à ce domaine hérité de ses ancêtres. Il a même entrepris un projet pour le moins étonnant : faire ériger sept immenses croix funéraires sur son terrain afin d'y aménager un cimetière familial. Ces monuments imposants contrastent fortement avec la maison délabrée qui se trouve à proximité. Selon un voisin, leur construction aurait coûté environ 51 000 euros. Un montant qui n'a pas été confirmé par le principal intéressé, même si celui-ci reconnaît avoir dépensé beaucoup d'argent.
"C'est la propriété des Grahovac. Elle appartenait à mon arrière-grand-père et j'y ai grandi. J'y ai érigé sept monuments : pour ma mère Boja, mon père Jovo, mon frère Rajko, Dragoje, moi-même, mon grand-père et ma grand-mère Draginja. Le plus grand est le mien : une croix qui s'élève à sept mètres au-dessus du sol et s'enfonce de trois mètres dans la terre. Les travaux ne sont pas encore terminés, ce n'est qu'une ébauche. Il faudra polir les monuments, ajouter les inscriptions et installer une clôture en fer forgé pour que l'ensemble ait une apparence plus soignée", a-t-il rapporté. Seule sa mère repose sur la propriété pour le moment, mais il veut faire transférer les dépouilles des autres membres de sa famille. Il envisage même d'organiser une grande cérémonie d'inauguration à l'occasion de la fête orthodoxe de la Dormition, qui a lieu en août. Reste à savoir si cet impressionnant cimetière familial sera achevé, alors que son habitation continue, elle, de se dégrader.