Pacte de Marrakech : 3 intox sur l'engagement de la France

Pacte de Marrakech : 3 intox sur l'engagement de la France Le pacte de Marrakech, visant à favoriser des "migrations sûres, ordonnées et régulières", a été approuvé ce lundi au Maroc. Un pacte qui fait l'objet, notamment en France, de fausses informations relayées par ses détracteurs.

[Mis à jour le 10 décembre 2018 à 15h16] La conférence gouvernementale qui se tenait à Marrakech, où 150 délégations étaient présentes, a abouti ce lundi à l'adoption du pacte dit "de Marrakech", qui doit encore être ratifié le 19 décembre prochain lors de l'Assemblée générale des Nations unies. Il s'agit d'une étape importance vers l'objectif de "migrations sûres, ordonnées et régulières", selon ce que promet le texte, long de 41 pages remplies de 23 objectifs, consultables sur le site des Nations Unies.

Mais malgré cette adoption, ce pacte de Marrakech possède de nombreux détracteurs, au point que des pays comme les Etats-Unis, la Pologne ou encore l'Australie ont fait savoir qu'il s'abstiendraient de le signer. La France compte aussi dans ses rangs des opposants à ce texte, qui redoutent - voire assurent - que le pays va perdre sa souveraineté, être obligé d'accueillir des migrants et que ces derniers, une fois en France, posséderaient tous les droits.

La France ne sera pas "obligée" d'accueillir plus de migrants

Trois affirmations fausses, au regard de ce contient et prévoit réellement le texte issu du pacte de Marrakech. Au sujet de la souveraineté, il est stipulé noir sur blanc que "le pacte mondial réaffirme le droit souverain des Etats de définir leurs politiques migratoires nationales et leur droit de gérer les migrations relevant de leur compétence, dans le respect du droit international". Il n'est donc pas question que les Nations Unies prennent le contrôle de la politique migratoire des pays signataires, comme cela est craint par certains, notamment en France.

De plus, Gaëtan Gorce, chercheur associé à l'Institut de Relations Internationales et Stratégiques (Iris), spécialiste des questions migratoires, rappelle auprès du Parisien que "ce pacte n'a aucun caractère obligatoire". Les Etats qui ont signé ce pacte de Marrackeh s'engagent à partager des données afin de mettre en réflexion des solutions à la fois profitables pour eux et pour les migrants, avec pour objectif final le partage des responsabilités.

Autre rumeur infondée, celle selon laquelle la France serait "obligée" d'accueillir des migrants. Là encore, il s'agit d'une fausse information sur le pacte de Marrakech. Le caractère "non contraignant" de ce texte est expressément rappelé dans son contenu, qualifié d'"extrêmement prudent" par Hélène Thiollet, chercheuse au CNRS sur les migrations. Cette dernière explique pour 20 Minutes qu'"il n'y a aucun caractère d'obligation pour un pays d'accueillir des migrants". Mieux encore, selon Gaëtant Gorce, "le pacte va plutôt dans le bon sens d'une manière où il pousse les Etats à mieux lutter contre les filières d'immigration clandestine". Tout à fait l'inverse de ce que déclarait il y a peu Marine Le Pen, selon qui l'objectif de ce pacte est "d'organiser une immigration encore plus massive".

Enfin, il ne s'agit pas de donner tous les droits aux migrants en France, comme cela a pu être évoqué par certains détracteurs du pacte de Marrakech. A aucun moment, dans le texte, il n'est imposé aux Etats de fournir davantage de droits aux migrants qu'ils accueillent. Le ministère français des Affaires étrangères l'a d'ailleurs rappelé : "Le pacte mondial sur les migrations ne crée pas de nouveaux droits pour les migrants". 

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