Le manque de professeurs à la rentrée scolaire est une inquiétude qui perdure depuis plusieurs années. L'année dernière, au 1er septembre, Elisabeth Borne, alors ministre de l'Education nationale, avait reconnu que 2500 professeurs manquaient pour assurer l'ensemble du fonctionnement des classes. Elle avait précisé que ce chiffre était inférieur à celui de l'année précédente. Pour la prochaine rentrée en septembre 2026, il est estimé qu'il y aura 160 000 élèves en moins suite à la baisse du nombre de naissances. Les professeurs ne seront toutefois pas assez nombreux pour autant, surtout suite à une nouvelle mesure qui va devenir effective très bientôt.
Il s'agit du congé supplémentaire de naissance, qui entre en vigueur le 1er juillet 2026 pour l'ensemble des assurés actifs. Il va offrir deux mois de plus pour chaque parent après les congés maternité et paternité, tout en conservant leur rémunération à hauteur de 70% puis à 60% du salaire net. Il est, par ailleurs, rétroactif : les parents d'enfants nés depuis le 1er janvier 2026 pourront en bénéficier. Ils devront poser leurs jours supplémentaires avant le 31 mars 2027 et pour les autres dans les neuf mois suivant l'arrivée de l'enfant. Ce congé est fractionnable en deux périodes d'un mois.
Si la mesure bénéficie à tous, dans le privé comme dans le public, elle peut poser problème dans la plus grande administration de France et termes de fonctionnaires. Le ministère de l'Education nationale redouterait une soudaine multiplication des demandes de congés dans les prochains mois, selon plusieurs conseillers de l'exécutif, rapporte Politico. L'équipe d'Edouard Geffray aurait estimé que jusqu'à 15 000 enseignants pourraient être concernés immédiatement par le congé supplémentaire de naissance, soit 1,8% des enseignants du premier et du second degré.
Le ministère s'inquiéterait ainsi d'une hausse de 25% de besoins de remplacements supplémentaires par rapport à la dernière rentrée. A Matignon, ces estimations seraient jugées trop importantes, car cela signifierait que tous les enseignants concernés poseraient leurs congés en même temps en septembre. Il ne faut pas oublier que ce rallongement est facultatif : certains professeurs ne pourront possiblement pas se le permettre financièrement ou à cause de leur situation personnelle. D'autres préféreront probablement les espacer et donc ne pas les caler dès la rentrée.
Le ministère va néanmoins tenter d'anticiper le nombre de professeurs absents. L'impact réel serait en cours d'analyse. Ce problème ne pourrait d'ailleurs pas que concerner les secteurs de l'éducation, mais plus largement ceux de la fonction publique. Dans les transports aussi, les conséquences sont appréhendées.