Le frêne commun (Fraxinus excelsior) est présent dans nos forêts, nos parcs, mais aussi dans nos jardins. C'est une valeur sûre, et il a tout pour séduire. Majestueux, il pousse rapidement et peut facilement atteindre 30 à 40 mètres de hauteur à l'âge adulte. S'il plaît autant dans les jardins, c'est aussi pour son joli feuillage qui apporte une ombre vraiment agréable en été et se teinte de jaune à l'automne. Il s'adapte à de nombreux sols, et supporte très bien les hivers, même très froids.
On pourrait croire que c'est l'arbre parfait. Et pourtant, il a deux inconvénients majeurs et les paysagistes préfèrent l'éviter dans leurs aménagements de jardin. Le premier est tout simplement sa taille. Il ne convient absolument pas aux petits ou moyens jardins. Si vous décidez de le mettre dans votre jardin, il faut absolument anticiper sa taille adulte et lui réserver un espace dégagé, suffisamment éloigné des bâtiments et des autres plantations. Ses racines sont puissantes et denses. Elles peuvent gêner la croissance des autres plantes, mais aussi endommager les constructions aux alentours.
Ces dernières années, le frêne est aussi devenu un choix plus complexe pour l'aménagement paysager pour une toute autre raison que sa taille. Le champignon Hymenoscyphus fraxineus, d'origine asiatique, responsable de la maladie la chalarose du frêne, s'est propagé en Europe et a profondément changé la donne. Cette maladie est apparue en Europe dans les années 1990. Mais elle n'a été détectée en France qu'en 2008, dans le Nord-Est selon l'INRAE, l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement. La maladie s'est ensuite étendue dans tout le pays.
Les conséquences de cette maladie sont très importantes. Le champignon attaque les feuilles puis les jeunes rameaux, provoquant des nécroses, le dépérissement des branches et parfois des lésions au collet. Les arbres fortement atteints peuvent même finir par mourir. Bon à savoir : la maladie affecte particulièrement le frêne commun (Fraxinus excelsior) et le frêne à feuilles étroites (Fraxinus angustifolia).
Mais faut-il pour autant bannir complètement le frêne du jardin ? Pas nécessairement, mais il faut désormais choisir son emplacement avec beaucoup de prudence. L'INRAE indique que les frênes isolés dans les parcs et jardins sont généralement moins sévèrement touchés que situés dans les forêts denses. Les situations chaudes et sèches, ainsi que les environnements urbains où les feuilles sont ramassées, peuvent également limiter le développement du champignon.