Le cinéma d'animation doit désormais relever de nombreux défis : techniques (comme l'intelligence artificielle ou la concurrence du streaming), mais aussi stratégiques (comme l'équilibre entre les suites et les histoires originales, le marché chinois ou les coûts de production) ou artistiques (innovations visuelles, narratives, thématiques...). Sorti au cinéma le 17 juin 2026, Toy Story 5 ne fait pas exception. Le dernier né de la famille Pixar interroge d'ailleurs notre rapport à l'écran et à l'imagination, à travers une nouvelle aventures de jouets.

Mais ce cinquième épisode devait également relever un défi supplémentaire : rester pertinent auprès du public historique qui a découvert la saga il y a 30 ans, tout en séduisant la nouvelle génération... Le tout, sans se répéter ni fatiguer les spectateurs. "C'est vraiment notre préoccupation numéro un", soulignait d'ailleurs Pete Docter, directeur créatif des studios d'animation Pixar, en interview auprès de Linternaute quelques jours avant la sortie de Toy Story 5. "Très souvent, en travaillant sur le film, nous nous disions : 'Ah, mais ça, on l'a déjà fait dans Toy Story 3', ou 'C'est trop proche de ce personnage dans Toy Story 4.'"

Pour Lindsey Collins, productrice du cinquième épisode, "faire une suite est souvent plus difficile qu'inventer un film original, parce qu'il faut trouver une raison valable de revenir." La clé est alors "l'attente" et le temps passé entre les épisodes, car "le public est heureux de tourner dans un univers qu'il n'a pas visité depuis longtemps".

Pete Docter l'admet : à force d'accumuler les épisodes, "cela devient de plus en plus difficile" de ne pas se répéter et de rester pertinent. "Si vous demandez au public, il vous répondra souvent qu'il veut plus de films originaux, mais le box-office montre qu'il aime aussi retrouver des personnages qu'il connaît déjà", ajoute-t-il. "Nous essayons donc de trouver un équilibre, à la fois pour le public et pour nous-mêmes : faire ce que nous avons envie de faire tout en répondant à ce que les spectateurs ont envie de voir."

Mais pour ne pas lasser le public et séduire les plus jeunes, l'important est aussi de s'entourer de collaborateurs plus jeunes, comme Kenna Harris, co-réalisateur.trice, qui ont un regard différent et frais sur la saga. Par exemple, l'idée que Woody soit désormais vieux et chauve vient de storyboarders d'une vingtaine d'années. "Cette énergie se retrouve merveilleusement dans le film et permet d'apporter un regard neuf sur ces personnages", soulignait Lindsey Collins. Il y a vraiment une infusion de la génération suivante dans ce film, et je pense que cela se ressent."