Depuis qu'il a été révélé dans Les Misérables en 2019 (rôle qui lui a d'ailleurs permis d'obtenir le César de la Meilleure révélation masculine l'année suivante), Alexis Manenti s'impose comme un acteur à suivre de très près. Après avoir débuté au sein du collectif Kourtrajmé avec Romain Gavras et Ladj Ly, il a tissé une carrière exigeante, regorgeant de films d'auteurs aux thématiques sociales fortes et incarnant des personnages complexes, entre brutalité et fragilité.

C'est dans cette lignée que s'inscrit son dernier film, L'espèce explosive. Premier film de la réalisatrice Sarah Arnold, cette comédie étonnante et burlesque suit un gendarme corse dépressif, récemment muté dans la campagne du Nord-Est, marquée par un conflit entre les chasseurs de sangliers et les agriculteurs. Il enquête sur des actes de vandalisme et la disparition d'un céréalier, avec l'aide d'une psychologue de la gendarmerie.

L'enquête de L'espèce explosive n'est qu'un prétexte pour que le scénario développe la fragilité de ses personnages et un propos politique. C'est d'ailleurs cet aspect qu'Alexis Manenti trouvait "hyper intéressant", comme il nous l'a confié en interview avant la sortie, le 7 octobre. "C'est un film féministe, assez révolutionnaire, qui conteste un peu un ordre établi qui peut dériver vers des formes de fascisme, il interroge notre société sur la place qu'on a aujourd'hui et qu'on se donne", estime l'acteur.

C'est également un long-métrage qui interroge les notions de genre, de justice, et de résistance au système. "Le film parle des gens un peu en marge, du fait de soigner, de faire confiance et aussi d'aimer. Ça détruit certains clichés. Il y a un côté aussi un peu féministe, il y a un côté queer... C'étaient des belles causes à défendre."

L'espèce explosive est l'une des rares comédies de la filmographie d'Alexis Manenti, qui s'est surtout illustré dans des films sérieux, au propos politique et sociétal fort. "Ce n'est pas forcément conscient", admet-il, "mais quand même, je choisis. Je peux être plus touché par un scénario parce qu'il défend quelque chose". Il cite d'ailleurs Dalva d'Emmanuelle Nicot, sorti en 2022, qui traite d'inceste et d'aide sociale à l'enfance, ou Les Misérables, sorti en 2019, dans lequel le réalisateur Ladj Ly évoque les bavures policières. "Ce sont des gens qui sont vraiment habités par leurs combats, ce n'est pas une façade et on a envie de participer à ça."

Pour autant, Alexis Manenti ne souhaite pas porter sa voix à l'extérieur des plateaux de tournage. "Chacun fait ce qu'il veut, mais moi, je préfère faire de la politique par mes films que faire de la politique en dehors des plateaux. Je respecte énormément les gens qui se battent et qui le font de manière sincère, j'ai un profond respect pour les gens qui s'engagent, mais ce n'est pas parce qu'on est acteur qu'il faut forcément défendre quelque chose et faire vitrine. Chacun d'entre nous, dans la société, on doit se battre pour le vivre ensemble."

L'interview complète d'Alexis Manenti, qui revient sur L'espèce explosive et son travail de comédien, est à retrouver ici. Le film, lui, est à voir au cinéma dès le mercredi 7 octobre 2026.