Avant les écrans de près de 7 pouces, les capteurs de 200 mégapixels et les outils d'intelligence artificielle capables d'éditer ou de créer des images, le téléphone mobile reposait sur une idée bien plus simple : passer des appels et tenir plusieurs jours sans recharge. Deux décennies plus tard, cette recette n'a pas totalement disparu.
Le marché des "dumb phones" (par opposition à "smart phones"), ces téléphones volontairement basiques, séduit à nouveau une partie du public, entre lassitude numérique, pointe de nostalgie et nécessité d'équiper les plus jeunes en les préservant des écrans et des réseaux. Loin des smartphones ultra-connectés, ces appareils misent sur la sobriété, la robustesse et une autonomie que les mobiles modernes ne peuvent plus offrir. Un créneau où l'on retrouve encore des touches physiques, une prise casque 3,5 mm et l'increvable câble USB.
C'est précisément dans cette veine que s'inscrit le petit nouveau de Nokia, le Nokia 300 Charge. Son principal atout : sa batterie amovible de 3.700 mAh, la plus grande jamais installée par le constructeur sur l'un de ses téléphones basiques. Via un port USB-C, elle peut délivrer jusqu'à 10 watts pour recharger d'autres appareils : écouteurs, montre connectée ou même un smartphone en panne d'énergie.
Le fabricant HMD, créé par d'anciens de Nokia et qui a repris la licence en 2016, annonce jusqu'à 37,9 heures de conversation et plus de 40 jours en veille. L'appareil embarque aussi une lampe LED de forte puissance dont l'intensité serait, selon des tests internes de la marque, jusqu'à quatre fois supérieure à celle du Nokia 105 de 2023. De quoi rendre service lors d'une coupure de courant, comme au bon vieux temps.
La fiche technique, elle, n'incite pas à multiplier les usages. L'écran QVGA mesure 2,4 pouces, l'appareil fonctionne avec un processeur Unisoc SC6531E, 4 Mo de RAM et 4 Mo de stockage interne, extensibles via une carte microSD jusqu'à 32 Go. Sous système S30+, il accepte deux cartes SIM et pèse 138 grammes. Son véritable talon d'Achille reste le réseau : uniquement compatible 2G GSM, il perd tout intérêt dans les pays où cette technologie a déjà disparu.
C'est ici que l'histoire prend tout son sens : HMD continue de surfer sur la vague des téléphones basiques avec l'annonce du nouveau Nokia 300 Charge, qui devient ainsi dès sa sortie le digne héritier du Nokia 1100. Lancé en 2003, ce dernier fut, pour beaucoup, le téléphone des gros boutons, de la lampe torche et d'une autonomie qui semblait interminable. Le Nokia 300 Charge reprend cette logique — design simple, prix accessible, endurance — tout en y ajoutant des fonctions d'une autre génération. Disponible pour l'instant dans une poignée de régions en Asie, il est proposé pour une trentaine d'euros. On espère le voir en France d'ici peu...