Vous avez besoin de vous arrêter régulièrement quand vous marchez à cause d'une douleur à la jambe ? Ce n'est pas forcément un simple signe de fatigue ou une conséquence normale du vieillissement. Ce symptôme peut révéler un problème qui touche la colonne vertébrale ou la circulation sanguine.

Cette douleur est généralement le principal symptôme d'une maladie vasculaire appelée l'artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI). Il s'agit d'un rétrécissement progressif des artères des jambes, le plus souvent lié à l'athérosclérose. Pendant l'effort, les muscles ont besoin de davantage d'oxygène, mais le sang ne circule pas suffisamment : une douleur ou une crampe apparaît dans les jambes. On parle alors de claudication. L'AOMI concerne environ 20 % des personnes de plus de 65 ans, selon le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV).

Le phénomène est caractéristique : la douleur apparaît après une certaine distance de marche, puis disparaît au bout de quelques minutes de repos. "Une fois les symptômes apparus, le fait de s'arrêter de marcher provoque un soulagement immédiat chez les patients souffrant de claudication vasculaire", précise Francisco Villarejo, responsable du service de neurochirurgie de l'hôpital universitaire La Luz à La Vanguardia. Elle touche le plus souvent les mollets, mais peut également concerner les cuisses, les hanches ou les fesses.

Mais la claudication peut aussi être d'origine neurologique. Avec l'âge, le canal situé au niveau de la colonne vertébrale peut se rétrécir et comprimer les nerfs dans le bas du dos : on parle de sténose du canal lombaire. La douleur peut alors toucher les fesses, les cuisses ou descendre jusqu'aux pieds. Elle peut s'accompagner de lourdeur, de fatigue, d'engourdissements ou de fourmillements. La différence se joue surtout au repos.

Dans la claudication vasculaire, quelques minutes de repos suffisent généralement à faire disparaître la douleur. Dans la claudication neurogène, en revanche, la douleur met plus de temps à partir, et le patient doit souvent s'asseoir et modifier sa position pour être soulagé. Aussi, "la distance que le patient doit parcourir avant l'apparition des symptômes est constante en cas de claudication vasculaire, tandis qu'elle est variable en cas de claudication neurogène", précise Francisco Villarejo.

Une sténose lombaire apparaît généralement à partir de 60 ans, mais elle n'entraîne cependant pas systématiquement de symptômes. Pour limiter les risques, le neurochirurgien espagnol recommande notamment des activités physiques modérées comme la marche, la natation, le vélo ou le Pilates, ainsi que d'éviter le port de charges lourdes et l'obésité. Dans les deux cas, une douleur qui oblige régulièrement à s'arrêter ne doit pas être considérée comme une conséquence normale de l'âge. "Lorsque la personne constate qu'elle perd son autonomie fonctionnelle, elle doit toujours consulter", recommande le spécialiste.