Boutons, rougeurs constantes, peau sensible... Pendant vingt ans, Laila a tenté en vain de traiter ses problèmes de peau sans savoir de quoi il s'agissait vraiment. Elle souffrait en réalité de rosacée, une maladie chronique fréquente qui peut facilement être confondue avec de l'acné. Un diagnostic qui a changé sa prise en charge, raconte-t-elle au média norvégien Dagbladet qui met en lumière une maladie courante mais méconnue.
La rosacée est une maladie dermatologique chronique qui touche les petits vaisseaux sanguins du visage. Selon la Société française de dermatologie, elle concerne 2 à 3 % de la population adulte. Elle touche surtout les personnes âgées de 30 à 60 ans (elle est rare chez les jeunes), et en particulier les femmes. La rosacée se manifeste principalement sur le front, le nez, les joues et le menton, par des rougeurs passagères ou persistantes. On parle aussi de couperose. Parfois, des papules et des pustules apparaissent également, ce qui peut créer la confusion. Ces boutons inflammatoires ressemblent à ceux de l'acné, compliquant souvent le diagnostic et donc le traitement.
En effet, la rosacée ne se traite pas exactement comme l'acné. Les traitements dépendent de la forme de rosacée et de la sévérité des symptômes. Dans la forme de rosacée dite papulo-pustuleuse, caractérisée par des boutons inflammatoires, plusieurs traitements peuvent être prescrits, notamment sous forme de crèmes. Le métronidazole aide à réduire le nombre de papules et de pustules, tandis que l'acide azélaïque possède une action anti-inflammatoire et peut également atténuer les rougeurs. L'ivermectine est une autre option plus récente : il s'agit d'un antiparasitaire qui cible l'acarien Demodex folliculorum, est excessivement présent sur la peau des personnes qui souffrent de rosacée.
Si ces traitements sont insuffisants, le médecin peut prescrire des antibiotiques par voie orale, comme la doxycycline. Dans certaines formes résistantes ou récidivantes, une faible dose d'isotrétinoïne peut être envisagée sous surveillance médicale. Pour les rougeurs, des traitements par laser peuvent notamment être proposés. Le choix du traitement dépend donc des symptômes et doit être adapté et suivi par un médecin ou un dermatologue.
Les soins quotidiens et l'hygiène de vie jouent également un rôle important. Il est conseillé de nettoyer le visage avec un produit doux, sans frotter, puis d'appliquer une crème hydratante non irritante et une protection solaire à indice élevé quotidiennement. A l'inverse, les gommages, les produits parfumés, les lotions alcoolisées et les soins exfoliants agressifs peuvent accentuer les irritations et sont donc à éviter. Le soleil, la chaleur, l'alcool, les boissons très chaudes et les aliments épicés peuvent aussi déclencher des poussées de rosacée. La rosacée ne se guérit pas définitivement, mais une prise en charge adaptée permet de contrôler les symptômes.