Chaque mois de juin, le ciel nocturne accueille la traditionnelle "Lune des Fraises". Un nom très "marketing" qui s'affiche partout, mais qui s'avère visuellement trompeur : non, notre satellite naturel ne va pas soudainement se transformer en un globe rouge écarlate parfumé à la fraise ! Pourtant, le spectacle s'annonce exceptionnel, avec une trajectoire et une teinte totalement inhabituelles.
Pour comprendre ce qualificatif un brin fantaisiste, il faut remonter aux origines de l'astronomie populaire. Tout a commencé dans les années 30 lorsqu'un almanach des fermiers américains, le "Maine Farmers' Almanac", a popularisé les appellations que les tribus amérindiennes, notamment les Algonquins, utilisaient pour cartographier l'année.
Ces peuples autochtones ne décrivaient pas la couleur de la Lune, mais le cycle de la nature. A chaque mois son repère : Lune du Loup en janvier, Lune du Castor en novembre, et donc, Lune des Fraises en juin. En Amérique du Nord, la pleine lune de juin donnait simplement le top départ de la très courte saison de récolte des fraises sauvages. Ce n'est donc qu'une histoire de récolte, pas de couleur ! Alors, à quoi va vraiment ressembler cette Lune des Fraises ?
Le rendez-vous est fixé précisément dans la nuit du lundi 29 au mardi 30 juin 2026. Selon les données de l'IMCCE, l'alignement géométrique sera parfait à 22h16 (heure de Paris), moment exact où la Lune atteindra sa plénitude face au Soleil.
Si la Lune ne sera pas rouge écarlate, elle va en revanche se parer d'une magnifique teinte ambrée, dorée, voire cuivrée. Un effet "coucher de soleil" provoqué par la diffusion de Rayleigh, le même processus physique qui colore nos crépuscules. Et ce phénomène sera décuplé en raison de la trajectoire de l'astre.
Comme cette pleine lune se produit juste après le solstice d'été (qui a lieu ce dimanche 21 juin), la Lune va suivre une course particulièrement basse sur l'horizon, frôlant la ligne de Terre tout au long de la nuit.
Conséquence directe de cette trajectoire rasante : la lumière que nous renvoie la Lune doit traverser une couche d'atmosphère beaucoup plus épaisse pour atteindre notre œil. Ce filtre atmosphérique dense dissipe les longueurs d'onde bleues et ne laisse passer que les nuances chaudes, du jaune au rouge.
De plus, cette proximité avec la ligne d'horizon va déclencher une "illusion lunaire" bien connue. Par effet de comparaison avec les éléments du paysage, le globe vous paraîtra visuellement gigantesque. Une simple illusion d'optique, car l'astre se trouve en réalité à son point le plus éloigné de la Terre (l'apogée).
Pour ne rien rater de son apparition spectaculaire au-dessus de l'horizon sud-est, fuyez la pollution lumineuse des villes dès la tombée de la nuit. Le spectacle est sans danger pour les yeux, contrairement aux éclipses solaires : une simple paire de jumelles suffira pour admirer les cratères teintés de reflets chauds. Installez-vous confortablement et ouvrez grand vos yeux !