Une histoire assez folle du monde de l'alpinisme fait son retour ces derniers jours... Le corps de l'alpinisme aux bottes vertes que les escaladeurs apercevaient avant d'atteindre le sommet est désormais connu. Ses fameuses bottes, restées visibles pendant près de trente ans, étaient devenues un sinistre repère pour les alpinistes empruntant l'arête nord-est, sur le versant tibétain de l'Everest, à l'approche du sommet.
Pendant longtemps, on a cru que "Green Boots", dont le corps repose dans une cavité située à environ 8 500 mètres d'altitude depuis mai 1996, était celui de Tsewang Paljor, membre de la police des frontières indo-tibétaine (ITBP). Cette année-là, un violent blizzard avait coûté la vie à huit alpinistes sur l'Everest.
Mais l'ITBP a récemment confirmé qu'il s'agissait en réalité de Dorje Morup, l'un des deux compagnons de cordée de Paljor lors de cette ascension tragique. L'institution avait déjà été orientée vers cette conclusion à l'issue d'un "processus de vérification préalable " mené en 2024.
L'Inde prépare désormais une mission destinée à récupérer la dépouille même si cela s'annonce périlleux. Des documents publiés sur un site du gouvernement détaillent une expédition visant notamment à prélever des échantillons d'ADN pour confirmer via la biologie l'identité du corps. La force de sécurité indienne a lancé un appel d'offres pour cette opération de récupération, qui nécessitera l'intervention de plusieurs alpinistes.
"C'est assez mystérieux pour moi. Pourquoi son identité a-t-elle changé du jour au lendemain ?", s'est d'ailleurs interrogé auprès du Guardian Alan Arnette, alpiniste américain et blogueur spécialisé dans l'Everest. " Je suis content qu'ils le ramènent, mais ce sera une tâche horrible", a-t-il ajouté.
Depuis le début des expéditions sur l'Everest dans les années 1920, plus de 300 personnes y ont perdu la vie. De nombreux corps demeurent encore sur les pentes de la montagne. Certains sont enfouis sous la neige ou engloutis dans de profondes crevasses. D'autres réapparaissent progressivement à mesure que le changement climatique réduit l'épaisseur de la neige et de la glace. et quelques dépouilles sont même devenues des points de repère et ont reçu des surnoms donnés par les alpinistes, comme "Green Boots".