Les vélos du Tour de France ne sont pas les vélos de monsieur tout le monde. Vous aurez beaucoup de mal à trouver un vélo qu'utilise Pogacar, Seixas ou encore van der Poel, mais surtout il n'est pas certain d'y trouver un fort intéret. Selon les données UCI 2025, environ 1 500 cyclistes professionnels sont licenciés dans le monde, soit 0,0015 % des 100 millions de cyclistes amateurs estimés.

Pourtant, les marques commercialisent ces machines comme si elles amélioraient les performances de tout le monde. Pour l'auteur, c'est comparable à croire qu'une Ferrari de Formule 1 serait idéale pour aller au travail. 

Dans une vidéo, Warren Rossiter qui teste des vélos depuis près de 30 ans, reconnaît avoir lui-même succombé aux arguments marketing des vélos de course. Il admet avoir été "un pigeon face aux affirmations, aux données et aux analyses en soufflerie", tout en sachant au fond que ces vélos n'étaient pas adaptés à sa pratique. Il compare ces machines à des voitures de circuit. "Ces vélos sont comme des voitures de course. Vous adorerez les piloter sur circuit, mais c'est une vraie galère (au sens propre comme au figuré) pour rentrer à la maison."

Parmi les vélos ayant laissé les meilleurs souvenirs au spécialiste figurent le Cannondale Synapse 2014, le Giant Defy 2024 et le Vitus Venon EVO-RS 2023, tous des vélos d'endurance polyvalents. Des vélos de course emblématiques comme le Specialized Tarmac SL6, le Bianchi Specialissima ou le Cipollini RB1K l'ont certes impressionné, mais sans laisser le même attachement. Il cite notamment le Cervélo C5, utilisé sur tous types de surfaces dans la Napa Valley, comme un souvenir plus fort que le S5 de course.

Il propose des alternatives aux vélos de course comme le Giant Defy plutôt que le TCR, le Canyon Endurace SLX plutôt que l'Aeroad, le Cervélo Caledonia plutôt que le R5 ou le S5. Il reconnaît que les jeunes cyclistes pouvant s'offrir un vélo de course peuvent se faire plaisir, mais conseille aux riders plus âgés de choisir ce qui leur convient vraiment. "Vous ne le regretterez pas", assure-t-il. Il explique tout de même que la géométrie progressive arrive, ce qui devrait permettre à de nombreux vélos de course de mieux convenir à un plus grand nombre de cyclistes.

Si le budget le permet, Warren Rossiter suggère de combiner les deux approches en s'offrant le vélo de course désiré tout en acquérant un second vélo conçu pour "les 99,998 % restants du temps de selle". Il est convaincu que c'est ce deuxième vélo dont on gardera le meilleur souvenir. Une façon pragmatique de réconcilier passion pour la performance et plaisir du quotidien.