Reprendre (ou même commencer) le sport à la rentrée, c'est une bonne résolution, au même titre que décider d'en faire en janvier pour remettre son corps en forme après les fêtes. Mais comme toujours, ont ne fait pas du sport n'importe comment et reprendre trop vite, trop fort, reste l'un des meilleurs moyens d'arrêter dès le mois suivant.
Comme l'explique notre coach, Aurélien Broussal-Derval, fondateur de l'école ABD, la rentrée ressemble souvent à un gros rush pour les salles de sport. Il y a d'ailleurs une initiative du gouvernement avec l'opération "Septembre bouge" pour pousser à l'activité sportive. Mais beaucoup abandonneront selon lui si on ne fait pas attention...
Après plusieurs mois sans activité, beaucoup ont le sentiment de devoir tout reconstruire et cherchent à rattraper le temps perdu. Une erreur, selon Aurélien Broussal-Derval. "Vous ne repartez pas de zéro, mais vous ne pouvez pas reprendre là où vous vous êtes arrêté", corrige-t-il. "Votre physiologie a gardé une partie des acquis. Votre tolérance à l'effort, elle en revanche, n'a pas été sollicitée depuis des mois."
Et c'est précisément ce décalage qui peut favoriser les blessures. Le souffle et les sensations peuvent revenir rapidement après deux ou trois semaines. Mais les tendons et muscles, eux, se réadaptent beaucoup plus lentement, sans toujours envoyer de signal d'alerte immédiat. "Vous vous sentez capable de faire ce que vous faisiez avant, parce qu'une partie de vous l'est réellement. Le reste ne l'est pas, et ne le fait pas savoir avant qu'il soit trop tard", explique notre expert. "Le moment critique, ce n'est pas le premier jour. C'est la semaine où tout semble enfin revenu."
D'ailleurs, la plus grande étude menée sur les blessures du coureur, qui a suivi 5 205 coureurs pendant 18 mois, ne désigne pas la toute première séance de reprise comme la plus risquée, mais bien celles qui suivent après plusieurs semaines. Alors concrètement, comment reprendre ? La durée, l'intensité, ou le nombre de séances... On choisit l'évolution, on n'augmente pas les choses simultanément. "Trois séances faites valent mieux que cinq séances prévues", résume tout simplement notre coach.
L'intensité, elle, peut se régler avec un test simple : être capable de tenir une conversation en phrases complètes pendant l'effort sinon vous allez trop vite. Et puis il y a le fameux mental : celui qui en manque est aussi celui qui lâche rapidement dès que le froid arrive (notamment). "Le repère utile n'est pas votre ancien niveau, c'est votre plus longue séance du mois écoulé", explique Aurélien Broussal-Derval.
Enfin, pour ne pas se décourager, sachez que ce n'est pas parce que vous allez répéter votre séance à l'identique d'une semaine à l'autre que vous n'allez pas progresser et perdre le fil. "Répéter une semaine n'est pas un échec de programme, c'est le programme. Un plan de reprise qui ne prévoit pas de rester sur place n'est pas un plan, c'est une escalade."