Confinement en France : Paris, Lyon... La liste des départements menacés par un reconfinement

Chargement de votre vidéo
"Confinement en France : Paris, Lyon... La liste des départements menacés par un reconfinement"

Confinement en France : Paris, Lyon... La liste des départements menacés par un reconfinement RECONFINEMENT. Vingt départements sont désormais sur la sellette et risquent de se voir infliger un confinement local, parmi lesquels on compte Paris et le Rhône.

L'essentiel
  • Le reconfinement est en marche. Ecarté il y a encore quelques jours, le troisième confinement va bien avoir lieu mais de manière très différente des deux premiers puisqu'il sera placé sous le signe de la territorialisation. Autrement dit, point de reconfinement national - en tout cas pour l'instant -, mais des mises sous cloche au niveau local, compte tenu des fortes disparités épidémiques actuellement en France. Les communes du littoral des Alpes-Maritimes et l'agglomération de Dunkerque vont inaugurer la nouvelle stratégie du gouvernement en étant confinés ce week-end et le prochain, a minima.
  • Dans sa logique de prise de mesures au niveau local, le gouvernement a placé 20 départements sous la menace d'un nouveau confinement. Jean Castex, dans son discours du 25 février, a assuré que des concertations avec les élus locaux concernés auraient lieu d'ici à la semaine prochaine et que seraient alors décidées d'éventuels reconfinements, qui débuteraient alors le 6 mars. La liste des départements :  Paris, Val-d'Oise, Yvelines, Essonne, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne, Seine-et-Marne, Nord, Pas-de-Calais, Somme, Oise, Eure-et-Loir, Moselle, Meurthe-et-Moselle, Drôme, Rhône, Bouches-du-Rhône, Var et Alpes-Maritimes.
  • La mairie de Paris a fait savoir qu'elle allait proposer au gouvernement la possibilité d'imposer aux Parisiens un confinement strict de trois semaines avec l'objectif "d’avoir la perspective de tout rouvrir" à son issue, y compris bars, restaurants et lieux culturels.
  • Le confinement à échelle national est toujours écarté, en tout cas pour l'instant. "Un confinement (national, ndlr) peut être nécessaire, mais il n’est jamais anodin. Il signifie des fermetures de commerces, la fermeture des écoles, des limitations drastiques des déplacements", a jugé le Premier ministre ce jeudi soir. Et un ministre cité par Le Monde de confirmer : "Emmanuel Macron s’est fixé une ligne : ne pas reconfiner ; et, s’il y est contraint, attendre au maximum jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’autre choix possible".
  • Vendredi, le maire de Nice, Christian Estrosi, a annoncé la fermeture des marchés non-alimentaires "dont la superficie ne permet pas de réguler les flux", mais aussi une partie de la promenade des Anglais durant le confinement du week-end, qui entrera en vigueur dans la ville à 18 heures. 
En direct

14:14 - Emmanuel Grégoire : "Il n’a jamais été question d’envisager cette mesure pour Paris seul"

Après la conférence de presse organisée vendredi matin, Emmanuel Grégoire, le premier adjoint à la Mairie de Paris, a réaffirmé au micro de RTL ce midi que le confinement de trois semaines dans la capitale, évoqué jeudi soir, "n’était qu’une hypothèse". "De plus, il n’a jamais été question d’envisager cette mesure pour Paris seul, ce serait absurde, c’est bien à l’échelle de la région Île-de-France qu’il faut réfléchir à ça", a-t-il poursuivi.

14:03 - Les lieux de culte seront-ils ouverts le week-end dans les Alpes-Maritimes ?

À quelques heures de l’entrée en vigueur du confinement durant le week-end dans les Alpes-Maritimes, de nombreux pratiquants s’inquiètent de la fermeture de leurs lieux de culte. En l’occurrence, ces lieux seront bien ouverts durant le confinement du week-end dans les communes confinées du département, mais les célébrations, elles, ne pourront pas avoir lieu.

13:43 - Le vice-président des Républicains "sceptique" sur l'impact du confinement durant le week-end

Sur Cnews, Gilles Platret, maire de Chalon-sur-Saône et vice-président Les Républicains, a fait part de son scepticisme quant au "résultat d’un confinement le week-end". "J’ai l’impression qu’à Nice ou à Dunkerque, qu’il y a une démarche de communication qui ne portera pas ses fruits. J’étais déjà très sceptique sur le couvre-feu à 18 heures, la Saône-et-Loire a été l’un de premiers départements à l’avoir et ça n’a pas donné le résultat escompté", a-t-il expliqué.

13:31 - L’exemple de la Guyane

Selon l’épidémiologiste Philippe Amouyel, il y a actuellement en France "un trou dans la raquette" dans la stratégie de lutte contre l’épidémie de coronavirus, à savoir le week-end. "La Guyane est sortie de son épidémie au mois de juin, juillet, lorsque l’on a étendu le couvre-feu au week-end.    L’idée de mettre un confinement le week-end est une solution qui pourrait potentiellement porter des fruits rapidement. Il faut voir ce qu’il va se passer à Dunkerque et à Nice", a-t-il expliqué sur LCI.

13:17 - Gabriel Attal : "Nous tendons la main aux élus de Paris"

Quelques heures après son intervention au micro de France Inter, Gabriel Attal a de nouveau réagi face à la presse à la proposition de confinement à Paris. "Hier, la mairie de Paris exigeait un reconfinement strict de la capitale et aujourd’hui il me semble qu’il n’en est plus question. (…) La situation est difficile pour tout le monde, pour le gouvernement, les élus locaux et les Français. (…) Nous tendons la main aux élus de Paris, qu'ils rejoignent la concertation pour en discuter ensemble", a-t-il expliqué lors d’un déplacement à Lyon.

13:01 - La restauration collective a vu son chiffre d'affaires baisser de 40% lors du premier confinement

Alors que le confinement entrera en vigueur le week-end à compter de ce vendredi dans plusieurs départements français, une étude de l’Insee révèle que le premier confinement, en 2020, a fait baisser le chiffre d’affaires du secteur de la restauration collective de 40%.

12:45 - Pour Rachida Dati, la proposition de confinement de Paris est "déconnectée de la réalité" des Parisiens

La piste d’un confinement d’une durée de trois semaines proposée par la Mairie de Paris a suscité de vives réactions. Sur Twitter, Rachida Dati, maire du VIIe arrondissement de la capitale a dénoncé une proposition "en déconnexion avec ce que vivent les Parisiens".

12:31 - Christian Estrosi renforce le confinement

Sur Twitter, Christian Estrosi, le maire de Nice, où le confinement démarrera ce vendredi à 18 heures, a appelé "les Niçoises et les Niçois au respect le plus total des mesures gouvernementales". Par ailleurs, ce dernier a "décidé d’aller plus loin", en fermant les marchés non alimentaires "dont les superficies et les configurations ne permettent de réguler les flux", ainsi que "le trottoir sud de la Promenade des Anglais, le Quai des Etats-Unis, le boulevard Franck Pilatte, le sentier du littoral et les plages".

12:16 - Mayotte : le confinement prolongé pendant deux semaines

Le préfet en avait fait l’annonce ce jeudi. Jean Castex a confirmé le prolongement du confinement à Mayotte pour au moins deux semaines lors de sa conférence de presse. "À La Réunion comme à Mayotte, nous déploierons les moyens humains et matériels nécessaires pour venir en soutien des structures de soins", a, par ailleurs, assuré le Premier ministre. 

12:03 - 65% des Français approuvent la possibilité de confinements locaux le week-end

Au lendemain des annonces de Jean Castex, l'opinion des Français se dessine quant aux mesures qui pourraient s’appliquer dans les 20 départements sous surveillance. 65% de la population voit d’un bon oeil la mesure envisagée par Jean Castex, de confiner le week-end, d’après un sondage Harris Interactive pour LCI. Toutefois, 46% des Français imaginent qu’un reconfinement national va avoir lieu. 

11:46 - Jean Leonetti : "On sait que le confinement partiel a un faible impact sanitaire"

Le maire d’Antibes Juan-les-Pins, Jean Leonetti, s’est dit "résigné" au micro de RTL, à la veille de l’entrée en vigueur du confinement le week-end dans sa ville, comme dans une partie du littoral du Sud-Est. "On sait que le confinement partiel a un faible impact sanitaire et malheureusement un impact très négatif sur la vie sociale, familiale", a-t-il regretté.

11:32 - Frédéric Valletoux demande des "mesures plus drastiques"

À défaut d’un nouveau confinement national, Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France (FHF) et maire Agir de Fontainebleau, plaide pour "des mesures plus drastiques" afin de soulager la tension hospitalière. "Une semaine de perdue, c’est toujours difficile à dire, et plus on reconfinera tard, plus on sait que les lignes hospitalières seront sollicitées, c’est mécanique", a-t-il souligné sur le plateau de France 2 vendredi matin.

11:16 - Une note du Conseil scientifique préconisait un "confinement strict" dès fin janvier

Comme le rapporte Mediapart, les équipes du Conseil scientifique, immunologues, épidémiologistes et modélisateurs, ont transmis le 29 janvier au gouvernement une note qui préconisait un "confinement strict" de quatre semaines pendant les vacances d’hiver pour ralentir la circulation du virus et de ses variants. Une stratégie qui aurait permis de "gagner du temps" selon le Conseil scientifique. Cette note a toutefois été rendue publique près d’un mois plus tard, le 24 février.

11:02 - Fallait-il reconfiner après les fêtes de Noël ?

Pour Axel Kahn, professeur de génétique, le fait d’attendre pour savoir s’il faut décréter un reconfinement ou non "n’a pas de sens". "Il est tout à fait normal que l’on ait déconfiné début décembre, parce qu’il fallait laisser aux activités de Noël la possibilité de se déployer, mais je pensais que ces fêtes passées, on allait finir le boulot en janvier. On l’aurait fini là, on aurait abaissé la circulation virale, on ne serait pas dans cette situation", a-t-il affirmé sur BFMTV.

10:47 - Anne Souyris : "Il ne faut pas faire comme cet été"

Interrogée en direct sur Cnews sur l’hypothèse d’un confinement à Paris, l’adjointe à la mairie en charge de la Santé, Anne Souyris, a mis en avant l’importance d’avoir "une perspective réaliste". "Il ne faut pas faire comme cet été, où on avait tout le temps pour pouvoir préparer la réouverture des écoles, la culture, et personne n’a rien préparé. Il faut agir progressivement", a-t-elle estimé.

LIRE PLUS
En savoir plus

Vers un confinement à Paris et en Ile-de-France ?

On l'a vu ces derniers jours : le gouvernement a sauté le pas en matière de mesures adaptées en fonction des territoires et de leurs propres situation sanitaire, avec notamment des reconfinement décidés dans l'agglomération de Dunkerque ainsi que dans les Alpes-Maritimes. Cela répond à la nécessité de faire baisser des chiffres extrêmement élevés dans ces deux territoires, mais Paris et l'Ile-de-France ne sont pas en reste. La pression hospitalière est extrême, comme l'a déploré sur France Inter Martin Hirsch, patron de l'AP-HP. "La situation est tendue depuis plusieurs semaines", avec "une augmentation régulière du nombre d'entrées en réanimation". "En janvier, nous avions 25 entrées par jour. Aujourd'hui, nous en avons 50 tous les jours", a-t-il ajouté. Tous les départements de la région n'ont pas atteint pas le seuil "d'alerte maximale", fixé à 250 cas confirmés pour 100 000 habitants, mais tous en sont en tout cas proches où l'ont dépassé. C'est en Seine-Saint-Denis (313,6) et à Paris (300,8) que la situation reste la plus préoccupante. Jeudi, le premier adjoint à la mairie de Paris a annoncé qu'il allait demander au gouvernement de reconfiner la ville pendant trois semaines, pour ensuite rouvrir les bars, les restaurants et les lieux culturels. 

Des confinements locaux et des "zones vertes" ?

Dans une tribune publiée dans Le Monde, un collectif de médecins et d'économistes proposent de penser les choses bien plus localement que ne le fait actuellement le gouvernement. Reprenant les principes "No Covid" du collectif EndCoronavirus, ces spécialistes considèrent qu'il faut réduire la circulation par territoire, puis définir et instaurer des "zones vertes" où le Covid est sous contrôle. "Plus ces zones seront de taille réduite, plus vite elles pourront retrouver un fonctionnement normal et éviter des mesures contraignantes. Et d'expliciter : "Une zone devient verte lorsque le taux de transmission en son sein est proche de zéro. Elle est alors en mesure de revenir progressivement à la normale : les écoles, les restaurants, les lieux culturels et les autres entreprises peuvent rouvrir complètement. Les voyageurs peuvent circuler librement entre les zones vertes ; en revanche, il faudra veiller, par des restrictions sur les déplacements, à éviter la réintroduction du virus et, en cas de reprise des infections, déclencher des mesures préventives ciblées, rapides et cohérentes".

Et dans le reste de la France ? Pas de date de reconfinement

Pour l'heure, le confinement généralisé sur tout le territoire n'est pas d'actualité. Mais le gouvernement se prépare à reconfiner localement et s'y est déjà employé. Il faut dire que les indicateurs retenus pour les prises de décisions de l'exécutif sont disparates selon les territoires, peut-être comme jamais depuis le début de l'épidémie, d'où le changement de braquet. Cette carte, élaborée par Météo Covid, montre par exemple le nombre de personnes actuellement hospitalisées en fonction des départements et cela montre bien que la situation hospitalière n'est pas la même pour tout le monde.

Quels sont les indicateurs que suivent les autorités pour décider d'un confinement ?

En réalité, ni le ministère de la Santé, ni Matignon, ni l'Elysée n'ont établi de critères fixes pour trancher sur un confinement, contrairement à ce qui avait été établi l'année dernière, avec des zones vertes et rouges et des interdictions évoluant lorsque des seuils épidémiques étaient franchis. Le gouvernement estime que la décision d'un reconfinement - local ou général - doit être prise dans le cas où les autorités sanitaires constateraient une hausse soudaine de l'activité épidémique. Les effets de la souche dite historique du Covid en France sont en train de s'atténuer. Mais le variant anglais, qui prend peu à peu sa place, va entraîner immanquablement une hausse de cas de contamination. C'est ce que prévoit l'Inserm, dans une étude publiée le 14 février. L'institut écrit que "le variant britannique est attendu devenir majoritaire fin février-début mars en France, avec une grande hétérogénéité géographique (mi-février en Île-de-France). Dans l'absence de mesures de contrôle renforcée, une croissance rapide des cas est attendue dans les semaines à venir". L'Inserm est très clair : les restrictions actuelles prises par le gouvernement ne peuvent pas réduire la circulation du variant britannique à cause de son efficacité plus élevée dans la transmission.

Pour suivre les tendances épidémiques, l'exécutif poursuit les consultations et les recommandations du Conseil scientifique sont toujours écoutées. Son président Jean-François Delfraissy a plusieurs fois fait savoir que les autorités sanitaires scrutaient avec une vigilance accrue les indicateurs que sont le taux d'incidence et le nombre d'hospitalisations.

  • Le taux d'incidence est l'un des principaux critères d'évaluation de la dynamique épidémique. Avant le premier confinement, il avait culminé à plus de 50 cas pour 100 000 habitants. Aujourd'hui, cet indicateur est repassé sous les 200 cas pour 100 000 après avoir franchi les 215 cas pour 100 000 en moyenne nationale début février. Les taux dépassent encore localement les 400 cas pour 100 000, comme à Nice par exemple. Comme on peut l'observer sur les cartes du Covid, quelques départements département en métropole sont néanmoins repassés sous le seuil d'alerte des 50 cas pour 100 000 habitants comme la Guadeloupe, la Guyane ou le Finistère. Pour rappel, quand Emmanuel Macron a annoncé le 2e confinement le 28 octobre dernier, le taux d'incidence dépassait les 480 cas pour 100 000 habitants au niveau national. Mais ce critère est difficile à saisir du fait de plusieurs évolutions : en mars 2020, la politique de tests minimale sous-estimait très probablement le nombre de cas et depuis octobre, la méthode de calcul a encore évolué...
  • Jean-François Delfraissy a aussi indiqué que les autorités sanitaires considéraient avec une attention permanente "la courbe des hospitalisations", qui a récemment bondit à plus de 28 000 patients hospitalisés alors qu'elle stagnait au niveau des 25 000 depuis le déconfinement à la mi-décembre. Depuis quelques jours, elle oscille entre 26 500 et 27 000. En réanimation, on compte désormais plus de 3000 patients soit peu ou prou le niveau de la fin octobre, au moment où le 2e confinement avait été décidé.
  • Le gouvernement regarde aussi de près le niveau de remplissage des services de réanimation pour éviter la saturation. Actuellement, les patients Covid occupent 66% des lits de réanimation. Ce taux était de 60% à la veille du deuxième confinement en octobre dernier.
  • Le nombre de reproduction du coronavirus peut aussi être considéré. Il doit quant à  lui être sous la barre de 1 nouveau patient contaminé en moyenne par malade pour que l'épidémie régresse. Et il est aujourd'hui juste en dessous de ce niveau. A la mi-mars 2020, date du premier confinement, il était estimé à près de 2. Fin octobre, avant le deuxième confinement, il était à 1,3.

Si vous ne voyez pas l'infographie, cliquez ici

Faut-il confiner pour prendre de court la montée en puissance du variant britannique ?

La stratégie du gouvernement est donc de ne pas durcir les interdictions tant qu'il n'y a pas de boom épidémique. Mais s'il est certain que celui-ci va bien survenir, faut-il vraiment attendre ? Certains scientifiques estiment que c'est une erreur. Le directeur médical de crise de l'AP-HP Bruno Riou, qui se veut le relais d'experts internationaux réunis sur la plateforme "EndCoronavirus.org", propose d'opter pour une solution radicale et de prendre la stratégie française à revers : au lieu d'attendre, agir pour casser la dynamique épidémique en instaurant un confinement dur mais assez court, 4 semaines ou moins en fonction des situations, pour faire baisser la circulation du Covid et rendre plus efficace le dispositif "tester, tracer, isoler".

Cette manière de penser la lutte contre le coronavirus est incarnée par l'épidémiologiste néo-zélandais Michael Baker, sa stratégie, appliquée dans son pays, a donné des résultats spectaculaires. "Il ne faut plus avoir peur d'un confinement total, à condition qu'il soit de courte durée : c'est la seule stratégie qui a démontré son efficacité dans de nombreux pays, y compris le nôtre, en attendant qu'une proportion suffisante de la population soit vaccinée, ce qui ne sera effectif que dans plusieurs mois", écrivait il y a peu Bruno Riou dans Le Monde.

Lire aussi

Consultez les chiffres du coronavirus dans votre commune

Nouveaux cas de covid, taux de positivité des tests, part de la population testée... Linternaute vous propose de consulter gratuitement les données sur l'évolution de l'épidémie dans votre commune. Voir

Un auto-confinement des seniors ?

Dans la revue scientifique The Lancet, plusieurs membres du Conseil scientifique ont évoqué cette possibilité comme la seule option pour endiguer l'épidémie tout en préservant l'économie. "Il n'est plus possible d'utiliser cette succession de confinements généralisés comme réponse principale à la pandémie, il faut en finir avec cette approche basée sur la peur", a fait savoir le président Jean-François Delfraissy, dans une interview à The Lancet relayée par nos confrères de RTL ce jeudi 18 février.

Concrètement, les cinq membres du Conseil scientifique interrogés plaident pour un dispositif différencié entre les jeunes générations, soumises à la distanciation sociale mais libres de leurs déplacements, et les personnes plus âgées, qui devraient appliquer un auto-isolement. "Un contrat social" en somme, qui permettrait de préserver la santé des aînés tout en n'instaurant le confinement qu'en dernier recours. D'après le Conseil scientifique, les confinements risquent de mettre à trop rude épreuve le moral des Français, qui finiraient par ne plus coopérer tant les conséquences seraient désastreuses pour leur santé mentale, à la longue. Si les populations jeunes ont moins de risques de développer des formes graves de la maladie, elles sont en première ligne dans les risques psycho-sociaux liés aux confinements successifs, notamment à cause des pertes de revenus liés aux fermetures des restaurants ou à cause des obligations d'enseignements à distance, qui entraînent des difficultés de sociabilisation ou de bonne tenue des cours. 

Olivier Véran, interrogé sur le sujet à plusieurs reprises, a indiqué que l'applicabilité de restrictions imposées aux personnes âgées seulement était impossible. Le ministre s'est dit défavorables à une telle mesure.