Déconfinement à Paris : masques, écoles, métro... Anne Hidalgo a aussi présenté son plan

Déconfinement à Paris : masques, écoles, métro... Anne Hidalgo a aussi présenté son plan Un plan de déconfinement pour la ville de Paris a été soumis par la mairie au gouvernement début avril. La maire de la capitale Anne Hidalgo l'a aussi présenté à son conseil municipal ce 28 avril, juste avant la présentation du plan national par Edouard Philippe...

Sur les terrains de football, on appelle cela le "marquage à la culotte". Alors que le gouvernement commençait à réfléchir à une stratégie nationale de sortie du confinement début avril, Anne Hidalgo présentait son plan de déconfinement pour Paris dans la presse. Ce mardi 28 avril, quelques heures avant la présentation très attendue des arbitrages de l'exécutif par Edouard Philippe à l'Assemblée nationale, la maire de la capitale a aussi présenté sa propre copie à ses conseiller municipaux. On ne sait pas encore comment le déconfinement à Paris va se coordonner avec le déconfinement en France, Edouard Philippe ayant entamé ce mercredi les discussions avec les élus pour l'adapter et le faire appliquer dans les territoires.

Nul doute que le Premier ministre ou ses services prendront contact avec Anne Hidalgo dans les prochains jours. Le plan de déconfinement à Paris est d'autant plus important que la capitale est toujours dans une phase délicate de l'épidémie et qu'à plusieurs reprises, un relâchement a pu se faire sentir dans le respect du confinement en ce mois d'avril très printanier. Une dizaine de propositions composent la stratégie parisienne, dévoilée dans le le journal Le Monde début avril et depuis largement délinée dans les médias par la maire et ses adjoints.

Des tests massifs à Paris

Comme au niveau national, Anne Hidalgo souhaite mettre en place à Paris "une enquête épidémiologique approfondie" à Paris, avec des tests de dépistage massifs. Il s'agira en effet à partir du 11 mai de connaître avec le plus de précision possible la part de la population parisienne qui est ou a été exposée au coronavirus, de détecter et d'isoler les malades pour éviter tout rebond de l'épidémie.

La ville de Paris mise sur "la généralisation des tests PCR dans le nez qui indiquent si l'on est malade ou pas. Les nouveaux tests dits "sérologiques" dans le sang ne nous semblent pas encore assez fiables", avait indiqué mi-avril Emmanuel Grégoire, premier adjoint d'Anne Hidalgo. Ces tests seront dispensés en priorité aux personnes présentant des symptômes.

Concernant la quarantaine (ou quatorzaine plus vraisemblablement), les personnes testées positives au coronavirus disposeront à Paris de chambres d'hôtel pour s'isoler et éviter les contaminations intra-familiales. Anne Hidalgo, qui ne manque pas d'interpeller régulièrement le gouvernement sur les zones d'ombres de son dispositif, se félicite d'ailleurs que ce point ait été repris dans la stratégie nationale. Une opération baptisée "Covisan" sera menée avec l'aide du groupe Accor pour mettre des chambres dans les hôtels de la capitale à disposition des malades le temps de la quatorzaine.

Les agents de la ville priorisés

Anne Hidalgo a souligné la place cruciale des employés de la ville de Paris dans le déconfinement. Après les soignants, ce sont eux qui seront en première ligne pour accueillir les enfants, gérer les déchets, assurer la propreté voire la décontamination de la capitale. 12 agents sont déjà décédés du Covid-19 dans la capitale. Et pour éviter de nouveaux drames et une contamination accrue dans les crèches, les écoles et autres établissement accueillant du public, Anne Hidalgo estime qu'ils doivent être des "publics prioritaires" pour les tests comme d'ailleurs pour les masques.

Les agents de la ville recevront par ailleurs une prime, "dès la paie du mois d'avril". Anne Hidalgo souhaite aussi récompenser les "soignants, médecins de ville, infirmières, personnels de l'AP-HP et des cliniques privés" avec un titre de Citoyens d'Honneur de la Ville de Paris. Elle réclame enfin des renforts en faisant appel au service civique et va enjoindre les Parisiens à se porter volontaire pour venir prêter main forte aux employés municipaux après une formation.

Des masques en tissus, mais pas obligatoires

Sur les masques, Anne Hidalgo a indiqué dès le dimanche 19 avril que 500 000 masques seraient disponibles fin avril pour les Parisiens, et deux millions courant mai. "On s'est orienté vers une fabrication de masques en tissu, homologués, lavables, que nous distribuerons gratuitement aux Parisiens", soulignait la maire de Paris dans un entretien au JDD. "A la mi-mai, tous les Parisiens pourront être équipés", a-t-elle ajouté, précisant que dans un premier temps, ces masques seraient mis à la disposition des plus fragiles, en pharmacie, sur présentation d'un justificatif. "J'ai décidé de faire fabriquer en urgence 2,2 millions de masques lavables et réutilisables 10 à 20 fois", a complété Anne Hidalgo le 28 avril lors de la présentation du plan de déconfinement en conseil municipal.

Interrogée par France 5 jeudi 9 avril, la maire de Paris avait également précisé qu'elle ne prendrait pas d'arrêté pour rendre le masque obligatoire. "Je pense qu'il faut que nous allions vers le port du masque. J'ai tout fait pour qu'à Paris nous ayons suffisamment de masques. Nous avons pu dépanner 2 millions de masques à l'AP-HP, et maintenir un service public essentiel", a-t-elle indiqué. Toutefois, Anne Hidalgo a précisé : "je n'ai pas pris d'arrêté et je n'ai pas l'intention d'en prendre un" pour rendre le port du masque obligatoire. Reste que dans le plan présenté le 28 avril, le masque obligatoire dans les transports en commun est tout de même de mise. A ce titre, la socialiste avait appelé le gouvernement à formuler "des consignes nationales extrêmement claires sur l'importance du port du masque dans l'espace public".

Du gel un peu partout dans Paris

La mairie de Paris mise sur un accès décuplé au gel hydro-alcoolique et au savon dans les équipements publics. Du gel sera mis à disposition un peu partout : stations de métro, arrêts de bus, gares de tramway et stations Velib. La mairie est en train de travaillé à ce déploiement massif avec la RATP. Se laver les mains pourrait être possible aussi "gratuitement, dans les lieux publics, les stades, les piscines, les écoles et les crèches". "Nous travaillons aussi avec JCDecaux pour installer des distributeurs dans les rues, sur les abribus, les kiosques", précisait Anne Hidalgo dans le JDD il y a quelques jours. Comme dans le reste de la France, les gestes barrières pourraient être maintenus pendant plusieurs mois dans la capitale.

Le reprise de l'école "très progressive" à Paris

Anne Hidalgo a par ailleurs estimé que le retour à l'école devrait être "progressif" et qu'il faudrait faire revenir "en priorité les élèves qui ont décroché, ceux issus de familles monoparentales en grande précarité, ceux en situation de handicap et ceux des salariés indispensables au redémarrage de la machine économique et des services publics essentiels". Le 28 avril, elle ajoute que ce retour en classe sera "très progressif et actualisé en fonction de la tension qu'exercera l'épidémie sur le système de santé parisien". Les crèches répondront aussi aux besoins de personnels dans les services publics. Les parents prioritaires seront "ceux qui sont en première ligne, indispensables aux services publics essentiels". Les familles monoparentales seront également prises en comptes.

Des "certificats d'immunité" ?

Les personnes ayant été au contact du coronavirusmais qui ne présentent plus de signes de contagiosité seront-elles pourvues d'un "certificat d'immunité", livré par un médecin et permettant se soustraire au confinement comme le plan de Paris le prévoyait, selon le Monde, le 9 avril. Alors que l'OMS alerte sur les risques de tels passeports et que l'immunité pourrait ne pas être garantie après l'infection au Covid-19, Anne Hidalgo n'a pas confirmé cette information. Le premier adjoint à la mairie de Paris Emmanuel Grégoire avait défendu ce type de certificat début avril. "C'est un peu comme l'esprit des autorisations de dérogation au confinement, simplement, il s'agira d'une dérogation définitive. Un médecin dira : 'Cette personne n'est plus contagieuse, n'est plus susceptible de tomber malade', mais dès qu'on aura ce certificat, cela voudra dire qu'on pourra retrouver une vie à peu près normale, sans être un danger ni pour soi-même ni pour les autres", avait-il notamment détaillé sur France Inter le 11 avril.

La Ville de Paris et l'AP-HP vont coopérer sur plusieurs outils pour surveiller et contenir l'épidémie : une carte des quartiers les plus touchés était en projet ces derniers jours pour informer la population sur les risques, même si Anne Hidalgo a fait part de sa méfiance sur l'appli de tracking en réflexion du côté du gouvernement.

Plus de voies réservées aux vélos

Le vélo pourrait avoir une place prépondérante dans la stratégie de déconfinement parisienne puisque la mairie dit réfléchir à des alternative au métro, qui génère beaucoup trop de promiscuité et dont l'objectif de distanciation sociale semble difficile à atteindre, mais aussi à la voiture, toujours trop polluante. Des voies réservées aux vélos, notamment les berges de la Seine, rive droite et rive gauche, pourraient être mises en place.

Anne Hidalgo a aussi dévoilé le 28 avril un projet d'"Assemblée citoyenne" visant à "renforcer nos mécanismes de démocratie participative" dans la capitale dans cette période sanitaire et économique difficile qui s'annonce.