Avec une population qui vient d'atteindre 90 105 habitants, cette principauté coincée entre la France et l'Espagne cultive une réputation de terre d'aisance. Son produit intérieur brut par habitant s'élève à 42 320 dollars, soit environ 39 000 euros, un chiffre qui la place dans le peloton de tête des économies européennes. La fiscalité y reste particulièrement douce, avec une taxe sur les ventes plafonnée à 4,5%.

Le niveau de rémunération illustre cette santé économique. Selon la Banque mondiale, le revenu mensuel brut moyen par habitant atteint environ 3 700 euros, très au-dessus de la moyenne européenne estimée à près de 2 640 euros. Le salaire mensuel moyen, lui, a franchi un nouveau cap : il s'établissait à 2 760,46 euros en mai 2026, en hausse de 7,7 % sur un an, tandis que le salaire médian grimpait de 5,2 % à 2 235,73 euros.

Tous les secteurs de la principauté d'Andorre profitent de cette dynamique salariale. Le commerce de détail a connu la plus forte progression, avec une hausse de 14,5% portant sa moyenne à 2 405,99 euros. La finance domine largement le classement à 4 972,10 euros, devant la production et distribution d'électricité, de gaz et d'eau à 3 607,83 euros. À l'autre extrémité figurent l'hôtellerie, à 2 151,69 euros, et l'agriculture, à 2 000,11 euros.

Mais derrière ces chiffres flatteurs se cache pourtant un déséquilibre : la main-d'œuvre locale ne suffit plus à faire tourner l'économie. Malgré une réduction de ses quotas d'immigration, fixés à 800 permis généraux cette année, le gouvernement andorran a dû ajouter 250 autorisations supplémentaires en juin dernier, spécifiquement destinées à des métiers en tension. La santé, l'éducation, la prise en charge des personnes âgées et malades, l'aide à domicile et la conduite d'autobus figurent parmi les priorités.

Le tourisme offre aussi de nombreux postes. Pour l'été 2026, la principauté avait validé 500 permis temporaires pour l'hôtellerie et la restauration, avant d'en ajouter 250 une fois ce quota épuisé. Serveurs, personnel de ménage des hôtels et cuisiniers manquent particulièrement. Un programme pilote inédit de recrutement à l'étranger, doté de 450 autorisations, a même été lancé pour la période allant de décembre 2026 à août 2027, signe que la saisonnalité s'estompe et que l'activité touristique s'étend désormais sur toute l'année.

Le salaire n'est pas le seul argument pour aller travailler en Andorre. Les travailleurs étrangers bénéficient de garanties solides, encadrées par la loi sur les relations de travail : semaine de 40 heures, 30 jours de congés annuels et une protection sociale complète via la Caisse andorrane de sécurité sociale, la fameuse CASS, qui couvre santé, chômage et retraite. Le salarié y cotise à hauteur de 6,5%. L'impôt sur le revenu reste léger : nul sous 24 000 euros de base nette, il plafonne à 10%.

Andorre ne faisant pas partie de l'Union européenne, aucune nationalité ne dispose d'un droit automatique au travail, mais les ressortissants de l'UE bénéficient de démarches allégées. Grâce à des accords bilatéraux, les Français, Espagnols et Portugais profitent de conditions facilitées, notamment pour le regroupement familial.