Trouver sa voie relève souvent du casse-tête pour les jeunes. Entre les filières saturées et les promesses de salaires parfois pas tenues, les étudiants cherchent le cursus idéal : celui qui allie véritable sécurité de l'emploi et rémunération très attractive. S'il n'existe pas de formule magique, un diplôme s'en rapproche pourtant de très près : le diplôme d'État de docteur en chirurgie dentaire.
À la sortie de la faculté, les jeunes dentistes ne connaissent pas l'angoisse de la recherche d'emploi. Le taux de chômage dans la profession est virtuellement inexistant. La raison est purement démographique : la demande en soins dentaires est forte et constante, tandis qu'une part de la profession part à la retraite. Cette réalité a même fait l'objet d'un rapport du ministère de la Santé.
Conséquence directe de cette pénurie de praticiens face aux besoins de santé publique, les conditions financières à l'embauche sont particulièrement séduisantes. En moyenne, un chirurgien-dentiste omnipraticien débutant perçoit des revenus tournant autour entre 4000 et 5000 euros net par mois, comme le calcule Jobted, qu'il fasse le choix de s'installer en tant que collaborateur libéral ou d'intégrer un centre de santé mutualiste. Un dentiste expérimenté peut gagner beaucoup plus, parfois le triple.
Cette sécurité a un prix : celui de la sélection et de l'effort. Devenir chirurgien-dentiste exige au minimum six années d'études (Bac+6). Le premier obstacle reste la redoutée première année d'accès aux études de santé (PASS ou L.AS), réputée pour son impitoyable goulot d'étranglement.
Une fois ce cap franchi, les étudiants entament un parcours particulièrement dense. Ils doivent assimiler des connaissances médicales poussées (en anatomie, en pharmacologie) tout en suivant un apprentissage clinique extrêmement rigoureux. La dextérité manuelle, la précision et la patience sont façonnées tout au long du cursus. Dès la quatrième année, les futurs dentistes commencent à soigner leurs premiers patients sous supervision au sein des CHU (Centres Hospitaliers Universitaires).
Pour les plus endurants, l'internat ouvre les portes des spécialités. La plus convoitée d'entre elles est l'orthodontie (orthopédie dento-faciale). Accessible sur un concours très sélectif, ce cycle ajoute trois à quatre années d'études (pour atteindre un Bac+9 ou Bac+10). Si l'investissement en temps est conséquent, le retour sur investissement est exceptionnel. Un orthodontiste installé affiche des revenus moyens avoisinant les 160 000 euros brut par an, selon les données publiques sur les professions libérales. Ce parcours offre aujourd'hui l'un des meilleurs ratios "durée d'études / rémunération" de tout le marché du travail français.
Si ces chiffres ont de quoi faire rêver, il faut aussi savoir que le quotidien d'un dentiste est exigeant. L'exercice libéral, choisi par la grande majorité des praticiens, implique de diriger une véritable petite entreprise. Le dentiste n'est pas seulement un soignant : il est aussi un chef d'entreprise. Il doit gérer son personnel (assistantes, secrétaires), s'acquitter de lourdes charges sociales et assumer le coût très élevé d'un matériel technologique de pointe.