Depuis 2025 et son char Type 100, la Chine s'est imposée comme l'un des pays les plus inventifs dans le domaine des blindés. Ce modèle, relativement léger avec ses quelque 40 tonnes, n'était pourtant qu'une première étape. Les militaires chinois testent désormais un tout nouveau prototype, bien plus imposant : sa masse est estimée à près de 60 tonnes, ce qui le placerait parmi les chars de combat les plus lourds jamais conçus.

Ce nouveau venu s'inscrit dans une stratégie inédite. Pékin développe en parallèle deux chars de dernière génération selon une logique "haut-bas", une approche qu'aucune autre armée n'était parvenue à mener à bien jusqu'ici. Concrètement, ce char lourd est appelé à remplacer l'actuel Type 99, tandis que le Type 100, plus léger, prendra la relève de la série vieillissante des Type 96.

Le prototype repose sur sept paires de galets de roulement, contre six pour le Type 100, signe d'un châssis nettement agrandi. Le blindage frontal est plus épais et le canon principal plus volumineux : les spécialistes penchent pour une pièce à âme lisse de 125 mm, qui succéderait au canon de 105 mm. La tourelle, entièrement télécommandée, permettrait à l'équipage de se regrouper dans un compartiment blindé isolé au cœur de la coque.

Le véhicule est par ailleurs pensé pour résister aux missiles qui frappent par le haut, comme le fameux Javelin, et embarque un système de commandement numérique reliant en temps réel capteurs optiques, infrarouges et radars à l'artillerie, à l'aviation et aux unités de guerre électronique. Le char pourrait même d'embarquer des drones pour la reconnaissance et les frappes lointaines.

Tandis que les pays de l'OTAN se contentent de moderniser des modèles anciens tels que le M1 Abrams ou le Leopard 2, et que le T-14 Armata russe n'est toujours pas produit en série, la Chine avance donc vite. Mais tout cela n'est rien face au projet le plus spectaculaire. Des chercheurs du First Machine Building Group de Mongolie-Intérieure et de l'Institut de technologie de Pékin ont imaginé un char d'un genre radicalement nouveau.

Leurs travaux, publiés dans la revue Acta Armamentarii et rapportés par le South China Morning Post, décrivent un engin armé d'un canon électromagnétique de 50 mégajoules. Pour l'alimenter, il faudrait un réacteur nucléaire de 10 MW, refroidi au métal liquide et logé dans un volume inférieur à 2 m³.

Le calendrier envisagé s'étale sur plusieurs décennies. Vers 2035, un premier canon à rails serait installé sur des blindés existants, épaulé par un générateur diesel de 1 500 chevaux, des supercondensateurs et un volant d'inertie, pour une énergie de tir de 10 mégajoules. Une deuxième étape, prévue autour de 2045, doublerait cette puissance. Dans sa configuration ultime, le canon projetterait un obus à 3,5 km/s — soit environ 12 600 km/h — jusqu'à une portée théorique de 450 kilomètres.

Reste que ce char de science-fiction n'existe, pour l'heure, que sur le papier. Aucun prototype ni programme n'a été lancé, et le média spécialisé Meta-Defense y voit surtout un "exercice de style teinté de propagande et de désinformation". Les distances annoncées ne sont que des extrapolations calculées à partir de la vitesse initiale, et les atteindre supposerait de disposer d'obus hypersoniques guidés avec une précision encore hors de portée.