Au Brésil, au sud de l'État de São Paulo, le projet de tunnel sous-marin reliant les villes de Santos et Guarujá est entré dans sa phase opérationnelle d'études et de préparatifs techniques. Représentant un investissement estimé à 6,8 milliards de réais (environ 1,1 milliard d'euros), l'ouvrage doit remplacer les traversées actuelles en bacs et contournements routiers, très encombrés.
L'infrastructure permettra de réduire le temps de trajet entre les deux rives du canal portuaire, qui peut aujourd'hui atteindre près d'une heure en période de pointe, à moins de cinq minutes. Comme le rapporte le média brésilien ND+, l'ouvrage vise à fluidifier la circulation quotidienne considérable sur cet axe, du fret marchandises et du trafic touristique de la région littorale. Pour certains automobilistes qui prenaient un ferry, des trajets d'une heure seront réduits à quelques minutes.
L'ingénierie du projet, présentée dans les documents officiels du gouvernement, est impressionnante: la section strictement sous-marine s'étendra sur 870 mètres sous le canal de navigation du port de Santos. Pour franchir cette voie d'eau à fort trafic maritime sans interrompre le passage des navires de commerce, les concepteurs ont retenu la technique du tunnel immergé.
Les modules en béton armé seront d'abord fabriqués à sec dans un bassin de construction spécialisé, puis remorqués par voie fluviale jusqu'au canal. Une fois positionnés au-dessus d'une tranchée préalablement draguée au fond du lit marin, les blocs seront immergés de manière contrôlée, assemblés puis recouverts de couches de protection composées de sable et de roches. Les véhicules circuleront à l'intérieur des modules pendant que le trafic maritime se poursuivra en surface.
L'ouvrage comprendra six voies de circulation routière, soit trois voies par sens de déplacement. Le profil en travers intègre également des espaces dédiés aux mobilités douces, avec une piste cyclable et une voie piétonne sécurisée. Une des voies de circulation est conçue pour pouvoir accueillir ultérieurement une ligne de véhicule léger sur rails.
Selon le calendrier prévisionnel du projet, le remorquage et l'immersion des caissons de béton dans le canal maritime interviendront au cours de l'année 2029. L'année 2030 sera consacrée aux aménagements intérieurs, à la pose des équipements de sécurité et aux essais opérationnels, avant une ouverture au public programmée pour 2031.