Alexandre Le Grand est une figure incontournable de l'histoire grecque. Roi de Macédoine et grand conquérant, il a aussi été, dans sa jeunesse, l'élève d'Aristote. De nouvelles fouilles ont apporté des éléments supplémentaires sur cette période. Elles ont été menées à Mieza, dans le nord de la Grèce, sur un vaste complexe du IVe siècle avant notre ère aujourd'hui assimilé par les archéologues au Gymnase royal, comme l'a rapporté le ministère grec de la culture. C'était bien plus qu'un lieu de sport : les jeunes hommes y recevaient à la fois une formation physique et intellectuelle.
Cet établissement, construit sous le règne de Philippe II de Macédoine, père d'Alexandre le Grand, et vraisemblablement fondé à son initiative, était destiné aux fils de l'aristocratie macédonienne et Aristote y aurait donné des cours. Les fouilles avaient déjà identifié les anciens bancs en pierre des élèves et les sols en mosaïque. Dans cet ensemble a aussi été repérée une palestre, terrain d'entrainement au corps à corps, ou encore un stade avec une piste d'athlétisme. Un bâtiment d'enseignement complétait le tout.
Plusieurs éléments architecturaux et décoratifs présentent d'ailleurs de fortes similitudes avec le palais royal d'Aigai, où ont vécu Philippe II et Alexandre le Grand. "Nous sommes absolument certains qu’il s’agit de l’école fondée par Philippe II", a expliqué Angeliki Kottaridi, archéologue qui dirige les fouilles, à l’agence de presse espagnole EFE. "Dans ces gymnases, les élèves apprenaient les lettres, l'art de la guerre, la culture et la langue grecque. Ils accompagneront ensuite Alexandre dans sa campagne militaire", a-t-elle ajouté.
Des objets de la vie quotidienne, notamment des pièces de monnaie, des fragments de céramique et des stylets utilisés pour écrire dans l'Antiquité ont également été déterrés. Parmi les dernières découvertes, ce sont surtout deux salles de banquet disposées de part et d'autre d'un vestibule central qui ont impressionné. La conservation est incroyable : on voit encore les mosaïques et les socles surélevés destinés aux lits de banquet, sur lesquels les convives mangeaient allongés ou semi-allongés. Chaque salle pouvait accueillir dix de ces lits, soit une vingtaine de personnes. Leur présence montre que la vie dans ce gymnase ne se limitait donc ni aux cours ni à l'entraînement physique : les repas collectifs occupaient également une place importante.
"Ces nouvelles découvertes éclairent la monumentalité, l'architecture et les fonctions du Gymnase royal de Mieza, lieu ayant joué un rôle déterminant dans l'éducation et la formation des jeunes Macédoniens", conclut le ministère de la Culture. Les prochaines recherches ont pour but de dégager les ailes encore enfouies et donc peut-être de mettre au jour de nouvelles salles.