L'Antarctique est l'unique continent dont l'étendue est en constante évolution. S'il est souvent question de la fonte des glaces et d'une crainte d'une réduction de la calotte glaciaire de l'Antarctique, le sixième continent voit aussi sa surface augmenter, d'une certaine façon. Le territoire du pôle Sud alterne en réalité entre une réduction de son étendue durant l'été austral (de novembre à avril) et une extension de sa surface pendant l'hiver austral (de mai à octobre).
Chaque année donc, l'Antarctique atteint une superficie maximale et minimale, respectivement en septembre après la période la plus froide de juillet et août, et en février lorsque les températures sont les plus douces. Un delta qui dépend uniquement de la banquise antarctique. L'Antarctique, en tant que tel, se compose d'une calotte glaciaire (ou inlandsis) s'étalant sur environ 14 millions de kilomètres carrés. Cette surface évolue très peu d'année en année. Ce qui change significativement c'est l'étendue de la banquise antarctique, c'est-à-dire la glace de mer qui se forme dans l'océan Austral tout autour de l'inlandsis. C'est celle-ci qui se forme en hiver et dégèle en été.
L'évolution de la banquise antarctique n'entraîne pas d'augmentation du niveau des eaux puisque la quantité d'eau est toujours la même, elle change simplement d'état, passant de liquide à solide et de solide à liquide, au fil des saisons. En revanche, une diminution de l'Antarctique, et donc de la calotte glaciaire, ferait assurément monter le niveau des eaux.
En 2026, le Continent blanc semble avoir atteint sa surface maximale à la date du 14 septembre selon les données de la NASA et le National Snow and Ice Data Center (NSIDC) avec de la glace étendue sur 17,59 millions de kilomètres carrés. Une distance colossale qui représente pourtant la troisième plus petite étendue maximale jamais enregistrée. Les mesures de la surface de l'Antarctique et de sa banquise ont commencé en 1978. De 1979 jusqu'en 2014, la formation de glace gagnait du territoire sur l'océan austral chaque année avec des étendues records enregistrées pendant trois années consécutives de 2012 à 2014. Mais depuis 2015, la formation de banquise se fait moins importante et en 2023 les surfaces minimales et maximales de l'Antarctique et de sa banquise ont été les plus basses.
La NASA et le NSIDC indiquent toutefois qu'il est difficile de déterminer si ces évolutions relève d'un changement à long terme ou de simple fluctuation statistique. Les organismes ne s'avancent pas non plus sur la part des effets du réchauffement climatique sur le phénomène.