Pendant près de 25 ans, la même plateforme aérienne régnait sur le ciel européen. Pourtant, les derniers chiffres du trafic estival viennent d'officialiser un changement historique : un géant ultra-moderne a pris la première place, reléguant les aéroports historiques du continent au second rang.
Inauguré fin 2018, cet aéroport gigantesque de 76,5 millions de m² sous un même toit n'a mis que 7 ans pour s'imposer. Conçu pour accueillir jusqu'à 200 millions de passagers à terme, le hub a coûté plus de 10 milliards d'euros. Un chantier colossal qui a d'ailleurs fait polémique : le syndicat Dev-Yapi-Is a dénombré au moins 37 décès d'ouvriers sur le site, tandis que des ONG environnementales ont dénoncé la destruction de forêts et de zones humides.
Cette nouvelle plaque tournante mondiale, c'est l'aéroport d'Istanbul. En juillet 2026, la plateforme turque a accueilli 8,15 millions de passagers, détrônant ainsi Londres-Heathrow et ses 7,86 millions de voyageurs. Selon le rapport European Aviation Overview publié par EUROCONTROL, Istanbul a dominé le ciel européen avec une moyenne de 1 665 vols par jour. "L’aéroport d’Istanbul a dépassé ceux de Paris-Charles-de-Gaulle, d’Amsterdam et de Londres-Heathrow", s'est félicité le ministre turc des Transports, Abdulkadir Uraloğlu.
Pensé comme une cité miniature fonctionnant 24 heures sur 24, le terminal impressionne par son architecture inspirée des mosquées du XVIe siècle, avec d'immenses voûtes baignées de lumière naturelle. Mais l'expérience vaut surtout pour ses équipements hors norme : 150 restaurants et cafés (allant des chaînes internationales aux kiosques de simits et de boreks), une zone de shopping alignant les boutiques Chanel ou Louis Vuitton, le magasin Old Bazaar rempli de loukoums, et même une galerie d'art moderne de 1 400 pieds carrés dans le lounge affaires de Turkish Airlines.
Face à cette explosion du trafic, l'aéroport affiche toutefois les défauts de ses qualités. La démesure du site impose de très longues marches : rejoindre les portes d'embarquement (A, B, C, D, E, F) peut prendre plusieurs dizaines de minutes dans d'immenses couloirs. Côté pratique, le site est directement relié à la ville par le métro, le train et des lignes de bus. Pour une escale, il vaut mieux prévoir au moins 2 à 3 heures sur place pour éviter de rater son vol.