Catalogne : grève générale à Barcelone, violences... Les images

Catalogne : grève générale à Barcelone, violences... Les images CATALOGNE - Des dizaines de milliers de manifestants convergent vers Barcelone pour une grève générale, afin de protester contre la condamnation de neuf dirigeants indépendantistes lundi. Que sait-on ?

[Mis à jour le 18 octobre 2019 à 16h53] Des "marches de la liberté" regroupant des dizaines de milliers de personnes arrivent actuellement à Barcelone, capitale catalane, pour la grève générale prévue à 17h. En provenance de cinq villes, les indépendantistes se réunissent à Barcelone afin de protester contre la condamnation ce lundi de leur dirigeants pour sédition, jugée trop sévère. L'aéroport de la ville avait déjà été bloqué par les manifestants ce lundi et a dû annuler aujourd'hui encore 55 vols, d'après l'AFP. Le trafic est très impacté par les protestations, avec des barricades enflammées et la présence de dizaines de milliers de personnes dans les rues. Selon le Figaro, l'autoroute AP7 notamment, qui relie l'Espagne à la France, est complètement bloquée. La Sagrada Familia, monument majeur de la ville, est fermée, ainsi que de nombreuses boutiques.

Des scènes de guérillas dues à des militants radicaux infiltrés

Ce sont de véritables émeutes qui ont lieu à Barcelone depuis lundi. De nombreux endroits de la ville sont en proie aux flammes suite aux incendies déclenchés par des manifestants en mettant le feu à des barricades et des voitures. Ils ont également lancé des pierres et bouteilles sur les policiers, d'après l'AFP. Les mouvements de protestation se sont également étendus à d'autres villes comme Tarragon et Leida.

A l'origine, les indépendantistes se voulaient pacifistes, et étaient organisés par le biais de la plateforme "Tsunami démocratique", en prévision du jugement des dirigeants indépendantistes ce lundi 14 octobre. Les violences ont éclaté ensuite, notamment avec l'infiltration dans la manifestation de centaines de militants masqués, habillés en noir et portant des casques de moto. Ce serait ces militants radicaux qui ont embrasé la ville et déclenché les premiers actes de violence à l'encontre de la police régionale, qui a signalé des jets d'acide et de cocktails molotov. Le président catalan Quim Torra a dénoncé ces violences, qu'il a attribuées à "un groupe d'infiltrés et de provocateurs", d'après BFM TV.

La condamnation de neuf dirigeants indépendantistes à l'origine des manifestations

Toujours d'après l'AFP, les nuits de violences se succèdent à Barcelone depuis la condamnation, lundi dernier, de neuf dirigeants indépendantistes, pour avoir organisé le référendum illégal du 1 octobre 2017 sur l'indépendance de la Catalogne. Ils ont écopé de peines de prison d'une durée de neuf à treize ans, assorties d'une peine d'inéligibilité. Le chef d'accusation de sédition,  qui fait référence dans la loi espagnole à "un soulèvement public et tumultueux pour empêcher par la force ou en dehors des voies légales l'application des lois", a été préféré à celui de rébellion. Un verdict que contestent les indépendantistes catalans, un mois avant les prochaines élections législatives espagnoles.

Combien de blessés et de manifestants ? Les chiffres

Le bilan s'alourdit en ce cinquième jour de protestations. Il semblerait que plusieurs centaines de manifestants aient été blessés depuis le début de la semaine. D'après BFM TV, le ministre de l'Intérieur espagnol Fernando Grande-Marlaska aurait fait état de l'arrestation de 97 personnes en Catalogne et de 194 policiers blessés depuis le début des manifestations. L'EJF (fédération européenne des journalistes), aurait également déclaré que 12 journalistes ont été blessés lors de la manifestation de lundi, d'après l'Indépendant. L'EJF a déclaré que les journalistes, "clairement identifiés, ont été la cible de violence policière alors qu'ils couvraient les manifestations suivant l'annonce des sentences de neuf leaders indépendantistes".

40 000 personnes auraient manifesté dans les rues de Barcelone mercredi, et 25 000 étudiants auraient défilé jeudi en contestation du jugement rendu lundi. Des dizaines de milliers d'indépendantistes poursuivent les manifestations. Ils ne représentent toutefois pas la majorité des 7,5 millions de Catalans. D'après le dernier sondage publié en juillet par le gouvernement régional, 44% de la population est favorable à l'indépendance tandis que 48,3% y est opposée. En raison des manifestations, le clasico, match opposant le Barça et le Real de Madrid, est reporté au mois de décembre.

Sur cette vidéo du média catalan 324, on peut voir un jeune manifestant indépendantiste être attaqué violemment par des manifestants unionistes, sous le regard de policiers qui ne sont pas intervenus :

Réaction des forces de l'ordre et des dirigeants face aux violences

Les forces de l'ordre ont quant à elles signalé l'escalade des violences notamment dans la nuit de mercredi, et le président indépendantiste catalan Quim Torra les a également condamnées à la demande du Premier ministre espagnol. "Nous ne pouvons pas nous permettre de faire un pas en arrière dans la défense inaliénable de notre droit à l'autodétermination. La peur et les menaces ne nous vaincront pas", a-t-il cependant déclaré, assurant qu'il souhaitait obtenir l'indépendance catalane d'ici deux ans. Il a également ajouté qu'il est "normal et il est bon que nous protestions contre une sentence injuste et aberrante." En effet, Quim Torra a demandé hier un nouveau vote sur l'autodétermination, similaire à celui qui avait été jugé illégal en 2017 et qui a été condamné ce lundi 14 octobre.

Les manifestations de violence sont réprimées par la police qui tire des balles en mousse et en caoutchouc et le chef du gouvernement Pedro Sanchez a envoyé des renforts, notamment pour assurer la gestion de la grève générale annoncée pour ce vendredi. "Nous n'avons pas besoin de la violence pour gagner, l'État en a besoin pour nous vaincre", a déclaré Carles Puigdemont sur Twitter depuis Bruxelles, d'où il a appelé les manifestants à rester non-violents. Poursuivi par la justice espagnole suite à la sécession de 2017, l'ancien président indépendantiste catalan Carles Puigdermont est sous le coup d'un mandat d'arrêt européen et international depuis le jugement de ce lundi.

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