Se motiver à reprendre le sport est une chose, poursuivre sur la durée en conservant sa motivation et son rythme, ce n'est pas la même chose. Une synthèse publiée en 2025 dans l'International Journal of Behavioral Medicine, qui a rassemblé 68 études menées dans 14 pays auprès de 1 651 personnes, s'est intéressée à ce qui fait tenir les gens dans la durée.

Une chose revient de façon très récurrente, quelqu'un commence, perd du poids et se sent mieux, puis le poids se stabilise. C'est à dire qu'on ne voit plus un effet visible sur son corps et sa balance, et c'est cela qui provoque cet arrêt brutal. Les auteurs expliquent que quand un seul bénéfice est perçu et cesse de progresser, les gens s'arrêtent.

Comme l'explique notre coach sportif, Aurélien Broussal-Derval, fondateur de l'école ABD, ce qui marche, c'est "l'accompagnement, pas la technique". De façon générale, aucune de toutes les études que l'on peut citer ne fournit de véritable protocole. Et c'est donc la que notre coach intervient pour expliquer comment ne pas craquer.

La première base est de "trouver un créneau". Le matin est souvent la bonne solution pour notre coach. "Non parce que le corps y serait plus performant "mais parce qu'un créneau de 7 heures est le seul que la journée ne viendra pas vous confisquer" (ou presque suivant vos impératifs de travail ou famille, on parle d'une "majorité"). Mais pour notre coach, le matin, "il n'y a rien à négocier, et c'est exactement ce qui permet à la séance de devenir une habitude plutôt qu'une décision quotidienne."

Comme souvent, il faut également "privilégier la fréquence et la régularité à l'intensité et au volume. C'est le principe le plus rentable des premiers mois. Quatre sorties courtes battent deux sorties héroïques, parce qu'elles construisent la constance, protègent les structures, et n'exigent pas de récupérer trois jours." Aurélien insiste surtout sur le fait que "la séance parfaite qu'on ne fait qu'une fois par quinzaine ne construit rien. Remettez du plaisir, et arrêtez de tout compter"

Et c'est d'ailleurs un parfait rebond pour comprendre comment font ceux qui tiennent, cela tient en un mot : le plaisir. Ce dernier figure dans près de quatre études sur dix chez ceux qui tiennent. Les chiffres peuvent aussi être une source de frein, "si les chiffres vous portent, gardez-les. S'ils vous pèsent, coupez-les" explique Aurélien. Les notions de difficulté et de l'ennui (cette dernière étant liée aussi à la notion de plaisir) sont également très importantes. "Trois séries de dix sur les mêmes machines depuis deux ans, dans le même ordre, avec les mêmes charges ? L'ennui est un motif d'abandon aussi puissant que la difficulté."

En conclusion, notre coach préconise une construction et une pratique assez simple, "agréable et assez personnelle pour que la motivation revienne en chemin." Selon Aurélien, trois choses essentielles sont à retenir : "ne confiez pas à la balance le soin de vous dire si ça marche. Ne cherchez pas la méthode qui vous motivera : ce qui aide, c'est d'être accompagné, et ça ne dure que le temps de l'accompagnement. Et cessez de croire que l'objectif chiffré est la clé : chez ceux qui tiennent, c'est le facteur le moins cité de tous.