La motivation pour faire du sport est vraiment difficile à trouver au quotidien. Trop chaud, trop froid, trop de fatigue, trop de travail... Les excuses, souvent légitimes, empêchent réellement de se lancer et de maintenir une activité physique régulière. On croit souvent que marcher le plus souvent et le plus possible est la meilleure chose à faire. Mais des études expliquent que faire moins de pas à un rythme soutenu ou beaucoup à un rythme plus lent, peut réduire le risque de décès prématuré jusqu'à 43%.

Les chercheurs des universités Monash et de Sydney ont analysé les données de 64 743 participants d'âge moyen. Selon leurs conclusions dévoilées récemment dans le British journal of sports medicine, le risque de décès prématuré est nettement plus faible chez les personnes marchant plus vite avec moins de 5 000 pas par jour. À l'inverse, ce même risque diminue également de façon significative chez celles qui accumulent entre 5 000 et 7 500 pas quotidiens, même à un rythme plus lent.

Autrement dit, la vitesse de marche peut compenser un nombre de pas plus faible, et vice versa. Et lorsqu'on évoque une "marche rapide", l'étude explique qu'il n'existe pas de rythme universel. L'allure confortable pour un marcheur en forme d'une quarantaine d'années peut représenter un effort maximal pour une personne de 70 ans. 

Mais pourquoi parle-t-on systématiquement de ces fameux 10 000 pas qu'il faudrait faire chaque jour pour se maintenir en forme ? Le co auteur de l'étude, Nicholas Koemel, explique que ce dogme des 10 000 pas règle provient d'une campagne publicitaire japonaise dès années 1960 pour des podomètres. Les bases scientifiques de ce chiffre sont donc fragiles. Selon lui, faire de cet objectif une nécessité serait contre productif et démotivant.

Selon la coach sportive Alexia Cornu, que nous avons plusieurs fois interrogée, "le chiffre de 10 000 pas à faire par jour est devenu une sorte de référence universelle alors que notre corps ne possède évidemment pas un compteur qui considère que 9 500 pas ne servent à rien et que 10 000 deviennent soudain bénéfiques".

Le message central de l'étude australienne est que la manière de marcher importe tout autant que la distance. "Quelqu'un qui marche 4 000 pas par jour en pleine conscience fait quelque chose de bénéfique, et même une personne qui ne marche pas vite peut en tirer profit en augmentant progressivement son nombre de pas à un rythme plus lent.

Les scientifiques expliquent également que ce qui compte véritablement, c'est le comportement adopté sur plusieurs mois, voire plusieurs années, plutôt qu'une période de deux semaines de motivation intense et ponctuelle. Un constat partagé par Aurélien Broussal-Derval, préparateur physique de sportifs de haut niveau que nous avons également rencontré. Il estime pour sa part que "quatre sorties courtes battent deux sorties héroïques, parce qu'elles construisent la constance, protègent les structures, et n'exigent pas de récupérer trois jours."