Des milliers de petits disques en plastique noir envahissent les côtes. Échoués au milieu du sable par paquets, ces objets ondulés en forme de tuiles Pringles intriguent les riverains depuis plus d'un an, et leur nombre continue d'augmenter chaque jour.

C'est sur les plages de la mer Adriatique, en Italie, que ces plastiques ont été repérés pour la première fois. Les premiers disques sont apparus sur le littoral de la Vénétie, près de l'embouchure du fleuve Adige. Ils ont ensuite été emportés par les courants vers le sud, touchant aujourd'hui la Romagne et les Pouilles (notamment sur les plages de Molfetta, près de Bari) jusqu'au Salento. Même la côte ionienne commence à voir débarquer ces mystérieuses rondelles...

On sait aujourd'hui à quoi servent ces objets. Selon plusieurs collectifs (dont Archeoplastica qui a posté cette vidéo sur sa page Facebook et Plastic Free) et médias locaux comme le site bari.corriere.it, il s'agit de supports en plastique appelés Z-MBBR. Ils sont utilisés dans les stations d'épuration pour aider les bactéries à purifier les eaux usées. Comme d'autres morceaux de tuyaux ont été retrouvés au même endroit, une usine a forcément laissé échapper son matériel. Reste à savoir laquelle. Le coupable numéro un est le fleuve Adige, qui aurait ensuite transporté ces pièces jusqu'à la mer, qui les a dispersées partout sur les plages.

Tout indique que le problème vient d'une station d'épuration située le long du fleuve. Mais malgré l'aide du fabricant suédois de ces disques et le signalement aux autorités italiennes, impossible de trouver l'usine responsable. Des chercheurs de l'Université de Milan-Bicocca ont même demandé l'aide du public pour collecter les disques et cartographier leur dispersion.

Plus d'un an après les premières découvertes, l'origine de cette fuite reste inconnue et les disques continuent de s'échouer régulièrement sur la côte italienne. Rien qu'en mai dernier, 87 nouveaux disques ont été ramassés sur une poignée de secteurs surveillés. Les enquêtes se poursuivent pour savoir s'il s'agit d'un accident ponctuel ou d'une pollution qui dure encore.