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Le Sourire de Mona Lisa
Comédie dramatique de Mike Newell avec Topher Grace, Marcia Gay Harden, Dominic West, Maggie Gyllenhaal, Julia Stiles, Kirsten Dunst, Julia Roberts.
Les années 50. Katherine intègre une école prestigieuse de jeunes filles pour leur enseigner l'histoire de l'art. Mais cette jeune femme libre d'esrit se heurte vite au conservatisme ambiant...
- Durée
- 119 mn
- Public
- A partir de 10 ans
- Recettes USA
- 60 millions ($)
Bonus DVD : Filmographies, documentaires, clip, bandes-annonces.
Editeur : G.C.T.H.V.
Acteurs
(7)Avis
Ce que j'ai aimé : Réalisée par Mike Newell, connu pour son célèbre film "Quatres mariages et un enterrement", "Le sourire de Mona Lisa" est une comédie très rafraîchissante de deux heures qui nous plonge dans l’univers du "Cercle des poètes disparus" avec l’apprentissage de penser par soi même, s’ouvrir à soi et dépasser le moule conventionnel, qui n’éveille pas les consciences. Katherine Watson est une jeune femme diplômée de l’université de Bekerley en histoire de l’art et se réjouit d’enseigner dans la célèbre école réputée pour filles de Wellesley. L’école enseigne le même programme depuis des années, les mœurs vieillis de la société et chaque élève semble être moulé par rapport à ce qu’on lui dit de faire, sans avoir le droit de décider par soi même. Fraîche, vivante et critique du système, Katherine va dès lors s’imposer pour montrer à ses étudiantes la voie de la liberté et de l’émancipation, sans nul compte à rendre. Le scénario est très intéressant puisqu’on s’identifie immédiatement à l’enseignement de Katherine, dont on suit avec intérêt et ouverture d’esprit son évolution devant un système scolaire qui refuse de déroger à la règle. Nous ressentons donc de l’empathie au cours de l’histoire devant les désillusions du jeune professeur en proie à une certaine lassitude. Comment changer le cours des choses, comment faire prendre conscience à chaque fille de sa liberté, de son futur , de ses choix ? Par une pédagogie souple, et une détermination mêlée d’autorité, de paroles raffinées et un ensemble envoûtant qui scotche les étudiantes, on ne peut que se mettre à la place de l’enseignante afin de bien comprendre sa position et son rôle. Les conséquences sur la relation avec ces filles sont considérables : cela entraîne au départ un découragement et un certain défaitisme car ces comportements de jeunes étudiantes figées se répètent trop fréquemment et imaginez une enseignante auquel on ne fait que des remarques négatives sur son travail et ses approches, et à qui on n’adresse aucun encouragement. Il est très probable qu’elle puisse se décourager facilement si l’effet engendré ne correspond pas à ce qui est désiré. Mais c’est justement dans ces moments de quasi renoncement que Katherine met les choses au clair, plutôt que de prendre le risque d’en vouloir à ces étudiantes, et elle parvient ainsi à ne pas trop ruminer de choses négatives sur elle même et sur l’autre. Le scénario est ainsi habile, sujet à délibération de chacune et on ose dériver ! Dériver pour la jeune femme enseignante est un risque réel, fréquent et qui d’entre nous ne s’est pas vu entrainé dans une discussion dite « hors sujet » et même parfois pénible ? Trop expliquer les choses de l’art, la pensée libre de chacune devient au cours des scènes une justification utile et il faut se souvenir qu’expliquer avec une telle maîtrise et un dépassement de soi même peut vouloir dire que l’on considère l’autre dans son entier, et qu’on désire déplacer des montagnes, à l’image du "Cercle des poètes disparus". Le compromis a mauvaise presse, et pourtant, la vie en société n’est faite que de cela et ce scénario montre encore que dès lors que nous habitons ou travaillons avec quelqu’un, il est sur que nous ne serons pas toujours d’accord et que nos goûts et nos intérêts ne seront pas toujours les mêmes. Katherine cherche ces compromis en question par la parole, par la démonstration, peut être même par une certaine logique et cela se fera dans le respect mutuel, comme si cela coulait de source, résultant d’une bonne communication et d’une analyse de la position de l’autre. La réalisation renforce l’impact du scénario qui mélange la beauté de l’âme, la tristesse, l’amertume et l’espoir de chacun des personnages passés en revue. Certains plans désarment la colère de l’autre et on voit de jeunes filles contrariées réagir intérieurement, sous forme d’émotions et de pensées pénibles et le risque de rumination mentale devient majeur ! L’évolution est parfois dramatique à coup de calomnie pour la jeune enseignante et il ne se passe pas une scène sans qu’un fait divers, quel qu’il soit, n’évoque ce type de situation et la pédagogie de Katherine. Mais la réalisation réussit à nous toucher, à prendre du recul et à relativiser tel ou tel type de comportement emporté ou modéré : la technique du film consiste à écouter attentivement pourquoi la personne aurait raison ou quels sont ses motifs d’être furieuse . Il faut bien garder en mémoire dans la colère de certaines étudiantes ou de l’enseignante qu’une personne en colère, d’une part, dis des choses pour faire mal et non pas obligatoirement pour communiquer ce qu’elle pense, et d’autre part, que cette personne a sûrement un problème, sans quoi elle n’aurait aucune raison d’être dans cet état. On appréciera l’autorité grandissante de Katherine qui parvient à dominer et il est intéressant de constater cette évolution, ce respect de ne pas interrompre l’interlocuteur dont le débit verbal va s’arrêter à un moment ou un autre. C’est alors qu’on tire la quintessence du film et de ses scènes à juste titre choisies en se délectant de l’affirmation empathique de Katherine, sans ironie ni agressivité, et en repérant ces changements au niveau physique – regard moins incisif, volume sonore un peu moins fort. Le final de ce film est un hommage à la réalisation et au scénario qui collent tout deux à un maintien superbe et à une foultitude d’émotions et de découvertes sur le réel tempérament des personnages. Le jeu d’acteurs est nettement convaincant : on savoure la présence de Julia Roberts dans ce film, telle une personne assertive qui ose être elle même, face à son personnage, face à la vie et face aux autres dans une attitude fondamentale de respect d’elle même. Elle ose exprimer ses vrais sentiments, ses pensées, sa réflexion et sa créativité. Les autres acteurs méritent leur place dans ce film, que ce soit pour Kirsten Dunst ( vue dans "Entretien avec un vampire" et dernièrement la fiancée de "Spiderman") et son aveuglement du début substitué à une révélation, ou encore la délicieuse Julia Stiles apercue dans le célèbre Hamlet. Somme toute, cette comédie remet d’aplomb, nous fait verser une petite larme à la fin et nous fait apprécier la fraîcheur d’une enseignante poussée par ses ailes inconnues. Un film qui gagne à être vu, peut être même revu, et qui place l’étudiante et la place du savoir : une étudiante en effet qui cherche à se connaître, à se rencontrer, à se comprendre, à évoluer pour devenir chaque jour davantage la personne unique au monde qu’elle est. Je terminerais par cette citation de Pierre de Lassus « Voir le monde dans un grain de sable, le paradis dans une fleur sauvage, tenir l’infini dans le creux de sa main et l’éternité dans une heure. »
Ce qui ne m'a pas plu : Fuir le moule conventionnel... difficile entreprise dans certaines institutions.
Ce qui ne m'a pas plu : Parfois l'on peut se demander si certains acteurs n'acceptent pas des films juste pour financer leur nouvelle piscine. Connaissant le talent de Melle Roberts, nous sommes en droit de nous poser la question. Un film pour jeunes filles rêveuses. Du sous-cercle des poètes disparus.
Avis de la rédaction
Ce genre de Cercle des poètes disparus au féminin se laisse regarder sans déplaisir. Le casting, irréprochable, emballe le tout dans une juste dose de mièvrerie nécessaire.


