Biographie de Meryl Streep
Elle cumule à ce jour 13 nominations aux Oscars en 25 ans de carrière. Un record absolu. Meryl Streep est de ces actrices rares capables de transcender un rôle et surtout de s'entraîner d'arrache-pied pour mieux l'habiter. Malgré tout, elle s'économise, affirmant consacrer six mois de l'année aux tournages et les six autres mois à sa famille.
"Pour être ancrée dans la réalité" explique-t-elle. Meryl Streep vit aujourd'hui avec le sculpteur Don Gummer, père de ses quatre enfants, et coule des jours paisibles loin de l'agitation hollywoodienne et des journaux à scandale. Discrète, bosseuse et efficace : voilà qui résume bien sa carrière...
Un démarrage en trombe
Mary Louise Streep naît le 22 juin 1949 de père pharmacien et de mère dessinatrice. Un peu garçon manqué, elle n'en démontre pas moins une vraie passion pour le chant et notamment l'opéra. Décidée à devenir cantatrice, la jeune Meryl va découvrir le théâtre au collège de Vassar. Diplômée en 1971, elle enchaîne les rôles et récolte prix et citations sur les planches new-yorkaises. En 1977, elle obtient son premier rôle au cinéma dans
Julia de Fred Zinneman. Un essai rapidement transformé, d'abord à la télévision avec son rôle dans
Holocaust qui lui vaut un Emmy Award (Oscar de la télé américaine), et surtout dans
Voyage au bout de l'Enfer (1978) de Michael Cimino où elle donne la réplique à Robert de Niro lui même. Nommée à l'Oscar, l'actrice vient de s'offrir un passeport pour la gloire en seulement deux films.
Des rôles à Oscars
Dès lors, grâce à son jeu habité et son physique glacial, Meryl Streep va se faire une spécialité des rôles dramatiques, voire mélodramatique. En 1979, Woody Allen lui confie un rôle de bisexuelle dans son chef d'oeuvre absolu,
Manhattan. L'année suivante, elle triomphe face à Dustin Hoffman dans
Kramer contre Kramer (elle est même couronnée d'un Oscar du meilleur second rôle). Mais c'est surtout en mère juive dans
Le Choix de Sophie qu'elle impressionne et reçoit la récompense suprême, l'Oscar de la meilleure actrice en 1983. On la verra ensuite face à Robert Redford dans le très beau
Out of Africa (1986), puis donnant la réplique à Jack Nicholson dans le romantique
La Brûlure et le dramatique
La Force du destin. Elle recevra un prix d'interprétation à Cannes pour
Un Cri dans le nuit, terrible histoire d'une mère accusée d'infanticide. Plus récemment elle a fait couler des torrents de larmes dans
Sur la Route de Madison en 1995 (son meilleur rôle ?) et en soutenant Ed Harris malade du SIDA dans
The Hours (2003). La filmo idéale pour tout candidat à la déprime...
Humour et contre-emploi
Heureusement, Meryl Streep s'est parfois aventurée dans d'autres registres, notamment la comédie grinçante. Dans
She-Devil - Le Diable, elle joue une blonde mince et nymphomane venant mettre la pagaille dans un foyer. Puis, en 1992, elle découvre les inconvénients de la vie éternelle avec
La Mort vous va si bien de Robert Zemeckis. Dans un registre plus musclé, elle a fait face à Kevin Bacon dans
La Rivière Sauvage et a joué les politiciennes manipulatrices dans
Un Crime dans la tête de Jonathan Demme. Mais c'est bien dans un registre comique qu'Hollywood l'utilise aujourd'hui. Dans ces rôles à contre-emploi, elle joue de son air sérieux pour créer un décalage comme dans
Le Diable s'habille en Prada où, grimée en Cruella d'Enfer, elle tyrannise une pauvre secrétaire. Elle était tout aussi efficace en psy décontenancé dans
Petites confidences (à ma psy) avec Uma Thurman. Et ce n'est pas terminé : elle est confirmée au générique de deux autres comédies pour l'année à venir.