Supers Seconds de Bordeaux : que faut-il savoir ?

Pour aborder ce sujet, il est essentiel de connaître les incontournables classements des Grands Crus Classés de 1855, celui de Saint-Emilion et le non-officiel de Pomerol. Ces classements ont permis de hisser au rang de premiers crus, neuf châteaux dont la notoriété est désormais immuable : Lafite-Rothschild, Latour, Margaux et Mouton Rothschild pour le Médoc, Haut-Brion pour les Graves, Yquem pour le Sauternes, Ausone et Cheval Blanc pour Saint-Emilion et le Pétrus pour Pomerol.

Certains châteaux de ces classements ont aujourd’hui le niveau de qualité nécessaire pour prétendre à la première place du podium. Nombreux sont les amateurs qui aimeraient une refonte du classement de 1855 qui fut établi sur la notoriété, la beauté du château et le prix de ventes des vins à cette époque. Cependant les pressions semblent trop fortes pour croire à quelques changements majeurs. Le classement de Saint-Emilion est lui révisable tous les dix ans. Le prochain classement sera disponible dans les semaines à venir. Il verra certainement de nouveaux entrants au rang de Premiers Grands Crus Classés A.

C’est en partie pour ces faits que les amateurs de Bordeaux ont élaboré une liste non-officielle excluant les neuf Grands. Le terme de Super Second (à ne pas confondre avec les seconds vins des châteaux) est ainsi apparu il y a quelques années.


La liste des supers seconds désigne ainsi les Seconds Crus classés dont le niveau de qualité égale les premiers crus. Mais celle-ci s'élargit aussi à des vins d’autres rangs (ex : Pontet Canet 5e cru). Les vins considérés comme Super Seconds sont :

- Médocs : Cos d’Estournel (St-Estèphe), Ducru Beaucaillou (St Julien), Léoville Las Cases (St Julien), Montrose (Saint-Estèphe), Palmer (3e cru, Margaux), Pichon Comtesse de Lalande (Pauillac), Pichon Longueville Baron (Pauillac), Pontet Canet (5e cru, Pauillac), Léoville Poyferré (Saint-Julien), Lynch-Bages (Pauillac), Rauzan-Ségla (Margaux),
- Graves : La Mission Haut-Brion (non classé en 1855, Parker lui a attribué sept fois la note de 100), Pape Clément, Haut-Bailly, Smith Haut-Lafitte
- Rive droite : Lafleur (Pomerol), Le Pin (Pomerol), Angélus (Saint-Emilion), L’Eglise Clinet (Pomerol), Trotanoy (Pomerol), La Conseillante (Pomerol), Clos Fourtet (Saint-Emilion), Le Gay (Pomerol), Clinet (Pomerol), Pavie (Saint-Emilion), Pavie Macquin (Saint-Emilion), Figeac (Saint-Emilion), Troplong Mondot (Saint-Emilion)

L’intérêt majeur des Supers Seconds permet d’acquérir des vins de qualité équivalente à celle des premiers crus et cela à moindre prix. Certes leur valeur est souvent supérieure aux autres seconds crus mais resteront loin des prix des grands. L’ombre des prestigieux premiers crus pesant sur les autres vins maintient une logique de prix où les premiers crus restent les plus chers.

Les Super Seconds permettent donc au consommateur de déguster des vins de haute qualité à des prix accessibles. Pour l’investisseur, l’intérêt est de pouvoir engager de plus petits budgets sur des vins à très fort potentiel. 

Un point à considérer pour l’investisseur en vin est le phénomène de rareté. Comme sur tout marché, les produits venant à épuisement voient leur prix augmenter fortement.  Notez que les supers seconds sont disponibles en plus grande quantité que les grands et sont donc moins sensibles à des hausses abruptes.

A noter aussi que l’impact des notes et millésimes est très forte sur les seconds. Les grands, jouant principalement de leur nom et de leur renommé, y sont moins sensibles. Les supers seconds ont quant à eux besoin de très bons scores pour sortir du lot. Pour un investissement réussi, il est conseillé de s’orienter vers les supers seconds notés 95 et plus.

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