|
ll y a peu de temps encore, l'affichage d'un histogramme
en temps réel était l'apanage des appareils
numériques haut de gamme, entre autres des
appareils de type "bridge camera" à
gros capteur, plutôt destinés aux amateurs
de photo éclairés, et des boîtiers
reflex, franchement conçus pour les professionnels.
Cependant, on trouve de plus en plus souvent cette
possibilité sur les dernières générations
de boîtiers compacts. Une aubaine pour ceux
qui en connaissent la puissance ou qui l'ont découverte
en épluchant le manuel livré avec l'appareil,
mais comme le plus souvent, le dit manuel est livré
sous forme d'un fichier PDF, rares sont probablement
les utilisateurs qui ont eu ce courage.
Heureux propriétaires d'un modèle
intègrant cette fonctionnalité :
vous ne le savez peut-être pas, mais vous avez
à portée de la main un outil d'une rare
efficacité pour vérifier l'exposition
de vos photos, dès la prise de vue, et si besoin,
rectifier le tir.
Visible sur l'écran LCD ou dans le viseur quand
il s'agit d'un modèle électronique,
ce diagramme donne une représentation synthétique
de la gamme de tons de l'image. Il se présente
un peu comme la coupe d'un relief, et peut évoquer
une montagne, un plateau, ou une plaine, selon le
sujet de la photo, et son exposition.
Sauf appareil photo vraiment atypique, la gauche du
graphique correspond aux tons foncés et la
droite aux tons clairs. Plus l'histogramme est élevé
aux bordures de l'écran, plus l'image est contrastée.
Une image dont l'histogramme ne comporte qu'une pointe
sur la gauche est généralement sous
exposée. Inversemement, si seul le graphique
n'est marqué que sur la droite de l'histogramme,
l'image est peut-être surexposée.
Ainsi, sur la photo ci-dessus, prise de nuit, l'histogramme
reflète clairement la dominante sombre de l'image,
l'absence quasi totale de blanc et la faiblesse des
tons intermédiaires. La forme du diagramme
est classique d'une prise de vue nocturne, et n'a
rien d'alarmante en soit. En revanche, le fait que
la partie droite de l'histogramme soit totalement
plate est signe de sous-exposition. A posteriori,
le défaut est évident, mais au moment
de la prise de vue, il n'était pas si facile
de s'en rendre compte sur l'écran LCD. D'où
l'intérêt de l'histogramme en temps réel,
dont la lecture paraît complexe aux novices
mais qui devient très vite une seconde nature.
Même
lieu, même moment, mais conscient du manque
de luminosité de la scène, le photographe
a utilisé la fonction de correction de l'exposition
de son appareil.
La forme de l'histogramme est similaire, normal, cela
reste une photo de nuit, mais il occupe désormais
toute la plage tonale. L'exposition est correcte,
ce qui là encore n'était pas acquis
au moment de la visée, alors qu'il suffisait
d'un coup d'oeil à l'histogramme pour s'en
assurer.
Dernier
exemple, mais on pourrait les multiplier à
l'infini, d'autant que l'interprétation des
histogrammes est aussi affaire de goût, sur
l'image ci-contre, on ne constate pas de pic, ni sur
la gauche, ni sur la droite du graphique. Autrement
dit, l'image ne souffre pas de défaut majeur,
elle n'est ni franchement sous- ni sur-exposée.
S'il fallait lui faire un reproche, ce serait de manquer
d'un peu contraste. Mais cela aussi l'histogramme
nous l'indiquait à sa forme de colline au milieu
du graphique.
Tous nos trucs
et astuces "photo"
|