Les origines
C'est à la fin du Vème siècle qu'une église
fut élevée par sainte Geneviève, à l'emplacement présumé de
la tombe de saint Denis, premier évêque de Paris, décapité en
280. Au VIIème siècle, elle est choisie comme lieu de sépulture
par
Dagobert et sa famille. Le roi fonde un monastère à sa proximité
et elle devient ainsi un important centre mérovingien. En 741,
Charles Martel y est inhumé et Saint-Denis devient le premier
sanctuaire carolingien. La construction de l'église carolingienne, initiée par l'abbé Fulrad, s'acheva en 775 grâce à l'aide
de Charlemagne. L'édifice est alors composé d'une nef à trois
vaisseaux et de neuf travées et s'achève par une abside, surélevée
en raison de la présence d'une crypte. Cette construction annonce
le schéma actuel.
Les transformations de Suger
L'abbatiale est agrandie à l'est en 832 et est ensuite transformée
sous l'impulsion de l'abbé Suger (1081-1151). Il opte pour une
façade de type harmonique (comportant deux tours symétriques)
: Saint-Denis devint alors le premier exemple de l'utilisation
de ce type de façades en Ile-de-France. Elle comporte pour la première fois une
rose au-dessus du portail central. Des statues-colonnes garnissaient
les ébrasements, comme à Chartres, et le trumeau du portail
central présente une statue de saint Denis. Le tympan du portail
gauche était orné d'une mosaïque,
référence aux basiliques antiques. Ces derniers
éléments ont aujourd'hui disparu. Suger conçut d'abord une nouvelle
crypte, qui englobe les cryptes carolingiennes, donnant au chevet
de solides fondations. Dans la partie haute comme dans la crypte,
le chœur est entouré d'un déambulatoire ouvrant sur des chapelles
rayonnantes. Leur disposition juxtaposée est originale puisque jusqu'ici, dans les grands édifices romans (comme Saint-Sernin de Toulouse
ou Saint-Benoît sur Loire), elles étaient séparées par une travée. De plus,
à Saint-Denis, chaque chapelle est éclairée par deux fenêtres,
alors qu'il y en a traditionnellement une ou trois. Recherchant une légèreté des
formes, l'architecte
employé par Suger fait appel, dans la partie haute, à une technique
naissante : la voûte d'ogives.
En 1231, on reprit les travaux pour harmoniser entre le chœur
du XIIème siècle et les nouveaux éléments. Le chœur de Suger
est alors démonté jusqu'aux abaques des colonnes. Ces dernières
sont remplacées par des piles plus solides, capables de soutenir
une plus forte élévation. On recherche avant tout une grande
verticalité. On choisit de faire un transept très large (doubles
bas-côtés) pour répondre au besoin de la nécropole royale. Ce
transept gothique rayonnant est achevé vers 1260 : l'édifice
est consacré en 1281.
Des agrandissements successifs
Pierre de Montreuil (l'architecte
du croisillon nord de Notre-Dame de Paris) contribua aux travaux, mais
n'a probablement
pas participé à l'élaboration du projet initial. Après le XIIIème
siècle, aucun travail de grande ampleur n'est entrepris sur l'église, à l'exception
de
l'ajout de chapelles latérales au
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Diaporama
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nord de la nef au XIVème siècle.
Si Saint-Denis ne parvint pas à arracher à Reims le sacre des
rois, elle devint la nécropole officielle des rois. A de rares
exceptions près (Philippe Ier, Louis VII et Louis XI) toutes
les dépouilles des rois y sont inhumées. Après Saint-Louis,
l'église de Saint-Denis est même exclusivement réservée aux couples royaux.
Cependant, la règle ne s'applique pas aussi fermement aux reines.
La guerre de Cent Ans, puis les guerres de religion, entraînèrent
un déclin progressif de Saint-Denis. En 1633, la congrégation
de Saint-Maur reprit l'abbaye en main ce qui entraîna la reconstruction
des bâtiments monastiques au cours du XVIIIème siècle. Quelques
modifications interviennent sur la façade entre 1770 et 1785
: le trumeau du portail central est détruit, la mosaïque du
portail de gauche est remplacée par des sculptures et les statues-colonnes
des ébrasements sont éliminées.
En 1790, de nombreux pillages
ont lieu. Les tombeaux royaux sont profanés. En 1793, l'église
est fermée.
Un an plus tard, le plomb des dalles de la toiture
est fondu, laissant la basilique livrée aux intempéries. Napoléon
procéda aux premières restaurations
en 1805. En 1816, Louis XVIII ordonna la reconstitution de la
nécropole royale. Les ossements des Bourbons sont remis dans
la crypte. Une grande phase de restauration commença ensuite
en 1833. Mais le projet d'achèvement de la façade occidentale,
conçu en 1860, ne sera jamais mené à terme. Néanmoins la basilique
était définitivement consolidée. Depuis 1966, la basilique a
également le statut de cathédrale.
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