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Août 2005

Edifice élevé au Vème siècle, la Basilique de Saint-Denis devint avec Saint-Louis la nécropole officielle des rois et reines de France. Elle connut de nombreux agrandissements au cours de l'Histoire. L'Internaute vous fait visiter en image cette sépulture royale.
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Les origines
C'est à la fin du Vème siècle qu'une église fut élevée par sainte Geneviève, à l'emplacement présumé de la tombe de saint Denis, premier évêque de Paris, décapité en 280. Au VIIème siècle, elle est choisie comme lieu de sépulture par
Dagobert et sa famille. Le roi fonde un monastère à sa proximité et elle devient ainsi un important centre mérovingien. En 741, Charles Martel y est inhumé et Saint-Denis devient le premier sanctuaire carolingien. La construction de l'église carolingienne, initiée par l'abbé Fulrad, s'acheva en 775 grâce à l'aide de Charlemagne. L'édifice est alors composé d'une nef à trois vaisseaux et de neuf travées et s'achève par une abside, surélevée en raison de la présence d'une crypte. Cette construction annonce le schéma actuel.

Les transformations de Suger
L'abbatiale est agrandie à l'est en 832 et est ensuite transformée sous l'impulsion de l'abbé Suger (1081-1151). Il opte pour une façade de type harmonique (comportant deux tours symétriques) : Saint-Denis devint alors le premier exemple de l'utilisation de ce type de façades en Ile-de-France. Elle comporte pour la première fois une rose au-dessus du portail central. Des statues-colonnes garnissaient les ébrasements, comme à Chartres, et le trumeau du portail central présente une statue de saint Denis. Le tympan du portail gauche était orné d'une mosaïque,
référence aux basiliques antiques. Ces derniers éléments ont aujourd'hui disparu. Suger conçut d'abord une nouvelle crypte, qui englobe les cryptes carolingiennes, donnant au chevet de solides fondations. Dans la partie haute comme dans la crypte, le chœur est entouré d'un déambulatoire ouvrant sur des chapelles rayonnantes. Leur disposition juxtaposée est originale puisque jusqu'ici, dans les grands édifices romans (comme Saint-Sernin de Toulouse ou Saint-Benoît sur Loire), elles étaient séparées par une travée. De plus, à Saint-Denis, chaque chapelle est éclairée par deux fenêtres, alors qu'il y en a traditionnellement une ou trois. Recherchant une légèreté des formes, l'architecte employé par Suger fait appel, dans la partie haute, à une technique naissante : la voûte d'ogives.
En 1231, on reprit les travaux pour harmoniser entre le chœur du XIIème siècle et les nouveaux éléments. Le chœur de Suger est alors démonté jusqu'aux abaques des colonnes. Ces dernières sont remplacées par des piles plus solides, capables de soutenir une plus forte élévation. On recherche avant tout une grande verticalité. On choisit de faire un transept très large (doubles bas-côtés) pour répondre au besoin de la nécropole royale. Ce transept gothique rayonnant est achevé vers 1260 : l'édifice est consacré en 1281.

Des agrandissements successifs
Pierre de Montreuil (l'architecte du croisillon nord de Notre-Dame de Paris) contribua aux travaux, mais n'a probablement pas participé à l'élaboration du projet initial. Après le XIIIème siècle, aucun travail de grande ampleur n'est entrepris sur l'église, à l'exception de l'ajout de chapelles latérales au
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nord de la nef au XIVème siècle.
Si Saint-Denis ne parvint pas à arracher à Reims le sacre des rois, elle devint la nécropole officielle des rois. A de rares exceptions près (Philippe Ier, Louis VII et Louis XI) toutes les dépouilles des rois y sont inhumées. Après Saint-Louis, l'église de Saint-Denis est même exclusivement réservée aux couples royaux. Cependant, la règle ne s'applique pas aussi fermement aux reines.
La guerre de Cent Ans, puis les guerres de religion, entraînèrent un déclin progressif de Saint-Denis. En 1633, la congrégation de Saint-Maur reprit l'abbaye en main ce qui entraîna la reconstruction des bâtiments monastiques au cours du XVIIIème siècle. Quelques modifications interviennent sur la façade entre 1770 et 1785 : le trumeau du portail central est détruit, la mosaïque du portail de gauche est remplacée par des sculptures et les statues-colonnes des ébrasements sont éliminées.
En 1790, de nombreux pillages ont lieu. Les tombeaux royaux sont profanés. En 1793, l'église est fermée.
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Un an plus tard, le plomb des dalles de la toiture est fondu, laissant la basilique livrée aux intempéries. Napoléon procéda aux premières restaurations en 1805. En 1816, Louis XVIII ordonna la reconstitution de la nécropole royale. Les ossements des Bourbons sont remis dans la crypte. Une grande phase de restauration commença ensuite en 1833. Mais le projet d'achèvement de la façade occidentale, conçu en 1860, ne sera jamais mené à terme. Néanmoins la basilique était définitivement consolidée. Depuis 1966, la basilique a également le statut de cathédrale.


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 Rédaction L'Internaute
 
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