Handball : Les Experts en reconquête à Londres

Cela ne plait pas à tout le monde et pourtant l’équipe de France de Handball reçoit une pluie d’éloges depuis un bon nombre d’années. On ne compte plus les médailles d’or qui ont entourées le cou de ces champions et pourtant en Janvier dernier cette série idyllique s’est stoppée net. Cet été, les experts repartent au combat pour tenter de se hisser plus haut que les titans : au sommet de l’Olympe.







Une équipe exemplaire 

Partout dans l’hexagone on ne cesse de vanter les mérites des experts. Sportivement il n’y a rien à dire : Champions olympiques 2008 – Champions du monde 2009,2011 – Champions d’Europe 2010. Des individualités se sont également forgées une image que les grandes marques comme Adidas ont su exploiter (1). On pense évidemment à Nicolas Karabatic faisant office de colosse polyvalent, Fernandez le capitaine clairvoyant et expérimenté, Luc Abalo l’homme élastique, Michael Guigou l’ailier rapide et techniquement très performant, ou encore Thierry Omeyer mur de béton au mental d’acier. Certes l’équipe de France s’est construite avec de très bonnes individualités, mais c’est grâce à un collectif bien rodé qu’elle a su être la meilleure de façon durable. D’ailleurs c’est sur cette notion de collectif que les journalistes aiment bien jouer. C’est-à-dire l’aspect moralement parfait qui y règne. On prend les experts en modèle pour dénigrer les footballeurs et autres sportifs que les mœurs rejettent pour dire « Voyez comme l’équipe de France de Handball est mieux ! ». Je ne pense pas que ce soit un aspect qui aille aux experts d’autant que personne n’est parfait, cependant il y a une raison à tout ce tapage médiatique : elle est belle à voir évoluer ensemble cette équipe, véhiculant tellement de valeurs comme la solidarité et le respect. Si vous en doutez, alors allez voir les reportages qui sont passés à la télévision (2) ou les interviews des joueurs à chaud après les matchs. Alors certes on embellit, on hyperbole… mais la réalité est belle et bien là, cette équipe marque le sport par son état d’esprit, elle fait figure d’ambassadeur des mœurs du sport en général.

En Serbie la chute fut douloureuse 

Fin de l’utopie en  2012 aux championnats d’Europe, quelque chose fut dure à avaler pour tout le monde : les experts ne sont pas invincibles, ils ne sont pas extra-terrestres mais comme tous faits de chaire et d’os. Le monde étonné assiste à la chute de la France à la 11ème place du classement. Pendant ce temps, les Danois précédant dauphins que les Français avaient battus au terme d’une finale haletante, soulèvent le trophée en haut du beffroi de Copenhague devant une foule en délire.
C’est l’heure de la remise en question du côté bleu-blanc-rouge, tout le monde cherche ce qui n’a pas fonctionné. Qu’est-ce qui a différé par rapport aux années précédentes ? Quel est l’ingrédient manquant ? Et telle est la problématique car le sport ne peut pas se résumer à une simple liste de course. On assiste à une interminable série de conférences de presse pour qu’au final personne ne soit plus avancé sur la question.
Il fallait de toute manière que l’histoire s’arrête un jour ou un autre, espérons tous que cet arrêt ne soit que provisoire. Tout un peuple attend de voir le phénix renaitre de ses cendres et voler de nouveau.

La préparation des gladiateurs pour les JO 







Pendant 6 semaines, nos bleus vont tenter de faire renaitre leur cohésion et leur force d’antan. A commencer par un stage à la Toussuire qui durera quinze jours, au programme du physique et encore du physique. Ensuite début Juillet, direction l’Andorre dans un cadre toujours montagnard pour cette fois-ci travailler d’avantage le handball. Cap vers Strasbourg le 13 et 15 juillet pour disputer l’Eurotournoi face à l’Islande, l’Espagne et la Tunisie. Fin du périple à Dunkerque le 23 Juillet pour un énième match de préparation avant de rejoindre deux jours plus tard le village Olympique.
La tâche ne va pas être facile, car mis à part la Grande Bretagne, aucune équipe ne sera faible. Quand on voit à quel point ces jeux-olympiques vont être denses au niveau de la qualité de jeu, cela promet un beau spectacle. 

C’est aussi la compétition qui tient le plus à cœur à tous les handballeurs, posez la question du plus beau titre qu’ils ont obtenu sous le maillot bleu, presque tous répondrons qu’il s’agit des JO en 2008 et cela malgré le peu d’engouement handballistique en Chine. A partir de là, avec tout un pays derrière eux, nous ne pouvons plus en douter : ils vont tout donner jusqu’à la dernière goutte de sueur ! Le laniste Onesta fera défiler ses guerrier sur le stade olympique de Londres, et après un « Ave Caesar morituri te salutant! » le combat pourra débuter dans la salle qui a été baptisée « l’arène du Handball ».

Finissons sur un petit bé-mol car malgré le succès des experts, l’univers médiatique très traditionaliste en France a beaucoup de mal à se bouger. Comment explique-t-on qu’en 2011, seules la finale et la demi-finale furent diffusées sur les chaines publiques ? Ne parlons pas des compétitions où la France est moins performante comme en 2012 car vous n’y verrez aucun match. Fans de Handball vous n’avez plus qu’à mettre de l’argent de côté pour vous payer un abonnement aux chaines câblées. Alors je me joins à la parole de nombreux révoltés, le handball évolue et les médias doivent impérativement suivre le rythme endiablé qu’impose le sport de la petite balle pégueuse.

(1) : http://www.dailymotion.com/video/xgemlo_adidas-les-experts-l-ultime-defi-the-movie_sport

(2) : Voir les documentaires «Intérieur sport » réalisés par Canal plus.

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