Direct. Palestine - Israël : le cessez-le-feu déjà rompu ? Nouvelles tensions à Jérusalem

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Direct. Palestine - Israël : le cessez-le-feu déjà rompu ? Nouvelles tensions à Jérusalem Le cessez-le-feu conclu entre Israël et Le Hamas est entré en vigueur à une heure du matin ce vendredi. Mais un nouveau heurt a lieu sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem opposant des fidèles palestiniens et la police israélienne.

  • Déjà de nouvelles tensions ? Quelques heures après le couvre-feu des traces du conflits israélo-palestiniens sont survenus ce vendredi matin sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem. Après la grande prière musulmane rassemblant de nombreux palestiniens, les fidèles ont lancé des projectiles sur les forces de l'ordre israéliennes. La police évoque une "émeute" rapporte l'AFP.
  • La fin des combats imminente ? Plusieurs médias israéliens l'annonçaient jeudi soir, c'est désormais officiel : Israël et le Hamas se sont entendus ce jeudi 20 mai 2021 sur un cessez-le-feu qui doit entrer en vigueur ce vendredi, à partir de 1 heure du matin en France. "Le cabinet [de sécurité] a accepté à l'unanimité la recommandation de l'ensemble des responsables sécuritaires [...] d'accepter l'initiative égyptienne de cessez-le-feu bilatéral sans conditions", ont annoncé les autorités israéliennes dans un communiqué jeudi soir.
  • Bilan des attaques. Les combats ont causé plusieurs centaines de morts, dont plus de 230 parmi les Palestiniens, qui dénombrent notamment une soixantaine de mineurs décédés, avec plus de 6 000 blessés selon l'ONU. Côté israélien, une douzaine de décès ont été recensés, dont un enfant, et plus de deux cents blessés à la suite des tirs palestiniens. Au moins 52 000 personnes ont été déplacées depuis 11 jours, et 450 bâtiments ont été très endommagés ou détruits.
  • Manifestations en France. Ce week-end, le 22 et 23 mai, des manifestations seront autorisées à Paris. Le préfet de police Didier Lallement a toutefois indiqué qu'elles devraient être restreintes à la place de la République, et rester "statiques". Samedi 15 mai, environ 22 000 personnes ont manifesté en France "en solidarité avec les Palestiniens", dans une soixantaine de rassemblements, comme à Marseille ou à Paris, et ce malgré l'arrêté préfectoral interdisant de manifester dans la capitale.
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15:46 - "C’est un pas important mais encore insuffisant" selon la Russie

La Russie a elle aussi félicité la conclusion d'une trêve israélo-palestinienne. La porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova a déclaré : "C’est un pas important mais encore insuffisant. Il faut, pour éviter une récidive de la confrontation violente, concentrer les efforts internationaux et régionaux sur la relance des négociations politiques directes entre Israéliens et Palestiniens".

15:08 - L'UE soutient les efforts pour parvenir à une "solution politique" de long terme

Dans la foulée des réactions internationales, l'Union européenne s'est également illustrée. Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a déclaré dans un communiqué : "Nous félicitons l'Égypte, le Qatar, les Nations-Unies, les États-Unis et d'autres qui ont joué un rôle de facilitateur" dans la conclusion d'un accord de cessez-le feu. L'UE espère que cet accord marque le début d'une "solution politique" de long terme entre les deux pays et affirme poursuivre les effort pour atteindre cet objectif.

14:33 - L'offensive israélienne a été un "succès exceptionnel" selon Benjamin Netanyahu

Resté silencieux jusqu'à présent, en début d'après-midi le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu a qualifié les offensives de l'armée israélienne à l'encontre des groupes armés palestiniens comme le Hamas de "succès exceptionnel" ayant permis d'atteindre les objectifs. "Nous avons éliminé plus de 200 terroristes dont 25 gradés [...]. Le public ne sait pas tout et le Hamas non plus d'ailleurs, mais l'ensemble de nos réalisations sera dévoilé avec le temps", a-t-il détaille aux journaliste depuis le quartier général de l'armée de Tel-Aviv et après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu.

14:09 - Tensions entre policiers israéliens et Palestiniens à Jérusalem

Le cessez-le-feu a à peine quelques heures que de nouvelles tensions apparaissent. Ce matin, à Jérusalem, sur l'esplanade des Mosquées des policiers israéliens ont été pris pour cible et ont reçu des projectiles lancés par des fidèles palestiniens rassemblés devant l'édifice religieux après la grande prière musulmane. Le rapport de police évoque une "émeute" selon l'AFP.

13:17 - Jean-Yves Le Drian appelle à la mise en place d'un "véritable processus politique"

La France a elle aussi eu un mot face à l'accord entre les deux territoires en apparence irréconciliables. Le ministre des Affaires étrangères salue "la cessation des hostilités qui interrompt un cycle de violences dont le bilan humain est lourd pour les populations civiles". Cet accord est selon lui "le fruit des efforts diplomatiques des Européens, des Américains et de plusieurs pays arabes" avec une mention spéciale pour "le rôle fondamental de l'Egypte". "L’escalade des derniers jours souligne la nécessité d’une relance d’un véritable processus politique entre les parties" souligne toutefois Jean-Yves Le Drian.

12:24 - Deux délégations égyptiennes pour faire respecter le cessez-le-feu

L'Egypte, qui a joué un rôle dans la négociation entre Israël et la Palestine, va envoyer des délégations pour faire respecter l'accord de cessez-le feu. "Deux délégations égyptiennes seront envoyées à Tel-Aviv et dans les Territoires palestiniens pour surveiller la mise en œuvre [du cessez-le-feu] et le processus pour maintenir des conditions stables de manière permanente", ont indiqué des sources diplomatiques à l'AFP.

11:26 - La bande de Gaza animée par les célébrations

Après onze jours d'affrontements, les Palestiniens de Gaza ont manifesté leur joie et célébrer la trêve. Les combats avaient notamment coupé court à la fête musulmane de l'Aïd el Fitr pour la fin du ramadan, ce vendredi beaucoup ont rattrapé l'occasion manquée et des repas de fêtes se sont organisés dans toute la bande de Gaza selon les journalistes et reporters sur place.

10:54 - L'ONU enjoint Israël et la Palestine à "parvenir à une véritable réconciliation"

L'ONU n'est pas restée muette et son secrétaire général, Antonio Guterres, a rappelé que les dirigeants israéliens et palestiniens ne devaient pas se contenter du retour au calme dans la région mais s'attaquer aux problèmes, enfouis, à l'origine du conflit. Et d'ajouter : "Gaza fait partie intégrante du futur État palestinien et aucun effort ne doit être épargné pour parvenir à une véritable réconciliation nationale qui mette fin à la division", rapporte Reuters.

10:22 - Le Premier ministre palestinien salue les efforts et les soutien de l'Egypte

Le Premier ministre palestinien Mohamed Chtayyeh, nommé par Mahmoud Abbas, a déclaré dans un commentaire diffusé par différents médias palestiniens : "Nous nous félicitons du succès des efforts internationaux menés par l’Egypte pour mettre fin à l’agression israélienne contre notre peuple dans la bande de Gaza »

09:50 - Le Hamas se tient "prêt à dégainer"

Le Hamas célèbre cette trêve comme une victoire contre Israël. "Il est vrai que la bataille se termine aujourd’hui, mais (le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu) et le monde entier doivent savoir que nous nous tenons prêts à dégainer et que nous continuerons à accroître nos capacités de résistance", a déclaré Ezzat el Rechiq, membre du bureau politique du Hamas, rapport l'agence de presse Reuters. Le Hamas a réclamé le retrait israélien de Jérusalem en plus de l'arrêt des combats à Gaza, mais un responsable israélien a fait savoir à Reuters que l'accord de trêve ne prévoyait pas cette mesure.

09:25 - La réaction de Joe Biden à l'annonce du cessez-le-feu

Le président des Etats-Unis, Joe Biden a personnellement été informé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu de la signature de l'accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas. Dans un tweet il a adressé ses condoléances aux familles israéliennes et palestiniennes endeuillées avant de poursuivre : "Je crois que les Palestiniens et les Israéliens méritent de vivre dans la sûreté et la sécurité et de jouir de mesures égales de liberté, de prospérité et de démocratie."

En savoir plus

Pourquoi un conflit entre Israël et la Palestine ?

Pour comprendre ce qui a mené à cette nouvelle vague de violences dans le conflit entre Israël et Palestine, il faut remonter au 7 mai dernier, lorsque des heurts ont éclaté sur l'esplanade des mosquées à Jérusalem. Alors que des accrochages se produisent depuis plusieurs jours, des Palestiniens, rassemblés pour la rupture du jeûne ce soir-là, jettent des pierres sur la police israélienne pour protester contre un projet de construction de nouveaux logements à Jérusalem-est, menaçant d'expulsion des familles palestiniennes. Les forces de l'ordre israéliennes ripostent en lançant des grenades lacrymogènes et assourdissantes, blessant près de 200 manifestants. Ces premiers heurts marquent le début de l'escalade des violences entre Israël et la Palestine.

► Consultez notre diaporama "Les images choc des affrontements Palestine / Israël"

Dans les jours qui suivent, de nouvelles manifestations dégénèrent à Jérusalem, mais aussi dans la bande de Gaza, le long de la frontière avec Israël. Le 10 mai, alors que l'État hébreu célèbre Yom Yeroushalayim, qui commémore la conquête de la partie orientale de Jérusalem lors de la guerre des Six Jours en 1967, plusieurs explosions sont entendues dans la ville sainte. Le Hamas, de son côté, revendique le tir de roquettes. Une "ligne rouge" franchie par les groupes armés palestiniens, selon les mots de Benjamin Netanyahu, qui conduit Israël à répliquer en menant des raids sur la bande de Gaza. Une vingtaine de Palestiniens, dont neuf enfants,  sont tués lors de ces raids, selon les services médicaux palestiniens.

La flambée des violences dans le conflit entre Israël et la Palestine mène à des affrontements à l'extérieur de Jérusalem, notamment dans la ville de Lod, près de Tel Aviv, où un jeune Arabe a été tué dans la nuit du 12 mai. Le même jour, Israël annonce avoir tué 16 membres de la branche armée du Hamas à Gaza. Reuven Rivlin, le président israélien, met alors en garde contre le risque de guerre civile. Jeudi, le ministre de la Défense Benny Gantz ordonne un renforcement des forces de sécurité dans les villes où cohabitent des juifs et des Arabes. Dans la soirée, des tirs de roquettes ont été tirés depuis le Liban en direction de la côte israélienne, rapporte Le Parisien, suggérant une entrée du Hezbollah dans le conflit.

Où ont eu lieu les tirs entre Israël et la Palestine ? La carte

Après les heurts qui ont éclaté à Jérusalem, ainsi qu'à Jaffa et à Lod, près de Tel Aviv, Israël et la Palestine se sont livrés à des échanges de tirs nourris entre la bande de Gaza et l'État hébreu. Selon les précisions de France 24, le Hamas a notamment multiplié les tirs de roquettes au sud d'Israël, vers des villes telles que Sderot, Ashkelon et Beer-Sheva. À Gaza, les frappes aériennes de l'armée israélienne ont détruit un immeuble de six étages et endommagé plusieurs autres habitations de civils, rapporte Libération. Jeudi, des troupes de l'armée israélienne ont été postées le long de la clôture de sécurité qui sépare la bande de Gaza de l'État hébreu. 

© Google Maps

Quelle est la réaction internationale face au conflit israélo-palestinien ?

La communauté internationale a manifesté son inquiétude face au ravivement du conflit Israël-Palestine. Sur Twitter, Emmanuel Macron a déclaré : "La spirale de la violence doit cesser au Proche-Orient. J'appelle avec force au cessez-le-feu et au dialogue. J'appelle au calme et à la paix." Depuis l'embrasement du conflit, il a travaillé aux côtés de l'Egypte et la Jordanie afin de proposer une résolution au conseil de sécurité de l'ONU. "Le Président de la République est déterminé à œuvrer avec l'ensemble des parties pour y mettre un terme au plus vite", a indiqué l'Élysée dans un communiqué. Dans ce cadre, Emmanuel Macron s'est également entretenu la semaine dernière avec le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et a "fermement condamné les tirs revendiqués par le Hamas et d'autres groupes terroristes visant le territoire israélien".

À l'inverse, le président américain, Joe Biden a affiché son soutien à l'État hébreu. "Mon espoir est que la situation soit résolue aussi rapidement que possible, mais Israël a le droit de se défendre quand des milliers de roquettes sont tirées vers son territoire", a-t-il déclaré depuis la Maison-Blanche, et dont les propos sont relayés par LCI. Le secrétaire d'État, Anthony Blinken, s'est lui aussi entretenu avec Mahmoud Abbas, soulignant la "nécessité de mettre fin aux tirs de roquettes" et d'engager "la désescalade des tensions".

La Russie a également multiplié les appels au calme. Le président russe, Vladimir Poutine, a rencontré Antonio Guterres, le secrétaire général de l'ONU, afin d'évoquer les recours possibles pour mettre un terme à l'embrasement du conflit entre Israël et la Palestine, rapporte RFI. 

Recep Tayyip Erdogan affiche depuis le début de la crise son soutien aux Palestiniens. Le 17 mai, il a critiqué vivement les attaques d'Israël : "Ce sont des meurtriers, à tel point qu’ils tuent des enfants âgés de cinq ou six ans. Il n’y a que sucer le sang qui les assouvit." Les Etats-Unis ont dénoncé ces propos comme étant "antisémites".

Entre témoignages palestiniens et justifications israéliennes

Dans la nuit du 15 au 16 mai, la rue Wehda à Gaza a été ciblée par les forces israéliennes. Tandis que l'armée israélienne évoque "des pertes civiles involontaires", le Hamas parle de son côté de "meurtre prémédité", tout comme Raja Sourani, directeur de l'ONG du Centre palestinien pour les droits de l’homme, qui évoque un "massacre délibéré". Une travailleuse humanitaire palestinienne a raconté au Monde cette nuit : "Mes deux filles de 6 et 2 ans dormaient, quand on a soudain entendu d’énormes déflagrations. Il y en a eu 30 ou 40 du même genre en l’espace de cinq à dix minutes. Toute la maison s’est mise à trembler. Mes filles se sont mises à hurler. Cette nuit-là, on a tous cru qu’on allait mourir." "C'est comme un tremblement de terre. On n'avait jamais entendu de tels bombardements. Lorsque des tours sont visées, on dirait qu'ils coupent une tranche de gâteau. La précision est extrême. Le secteur est devenu méconnaissable", raconte un autre témoin de Rimal, à Gaza, auprès du Figaro. Le Premier ministre israélien a de son côté réagi aux critiques qui émergent sur la gestion de la crise. "Je veux rappeler au monde qu'en tirant sur nos villes, le Hamas commet un double crime de guerre. Il vise nos civils et se cache derrière des civils palestiniens, les utilisant comme boucliers humains", a-t-il déclaré le 16 mai.

Bombardement de l'immeuble d'Associated Press : un symbole attaqué

Samedi 15 mai, des frappes aériennes ont conduit à l'effondrement d'un immeuble de treize étages abritant la chaîne d’information qatarie Al-Jazeera et de l’agence de presse américaine Associated Press (AP). Une attaque annoncée quelques minutes plus tôt. Fares Akram, correspondant pour AP à Gaza, a publié ce message sur Twitter, quelques temps avant le bombardement : "Nous avons couru dans les escaliers depuis le 11e étage et regardons maintenant le bâtiment de loin, priant pour que l’armée finisse par se rétracter." Pour Benyamin Netanyahou, Premier ministre d'Israël, cette cible était "parfaitement légitime", et "toutes les mesures avaient été prises pour qu'il n'y ait pas de blessé civil". Reporters sans frontières a saisi la Cour pénale internationale, estimant que cette attaque notamment pouvait relever de "crimes de guerre", comme le rapporte Le Monde.